Créer pour soigner… non pas pour produire

Créer, non pas pour produire... mais pour soigner
Créer, non pas pour produire... mais pour soigner

(temps de lecture : 9 minutes)

Revenir à la source, là où les mains soulagent le coeur… créer pour soigner

Je me souviens, lorsque j’étais enfant, puis adoles­cente et jusqu’à la trentaine, je « bricolais » et je créais juste pour le plaisir de le faire. Et je n’étais pas la seule. C’était un mode de vie générationnelle.

En plus, au coeur de cette culture, j’ai aussi eu le grand privilège de grandir dans une famille où l’on valorisait ces « expériences ».

Il faut ajouter que nous en avions amplement le temps, car, par choix, nous n’avions pas de télévision – au grand scandale de certains membres de notre famille élargie, disant à mes parents que, sans télévision, il ferait de nous des incultes.

Au contraire, ç’a été un mode de vie qui a favorisé, pour mes frères et moi, l’éclosion de notre intelligence créative dans une foule de sphères.

Mais avec l’évolution de la société, malheureusement pour les travaux manuels, cette façon de vivre est passée d’une génération « bricoleuse », à une génération « digitale ».

Un amalgame de facteurs a enclenché ce changement, s’expliquant par ces 5 grands phénomènes :

  • L’arrivée de la technologie avec l’informatique, internet et les cellulaires; celui-là, il a été facile à repérer, on baigne de plus en plus dedans!
  • La dévalorisation culturelle du manuel dans l’éducation et la société en général; l’option « travaux manuels » n’est plus offerte à l’école.
  • L’aspect financier qui rivalise et qui gagne sur le « fait maison »; l’ouverture de la mondialisation du commerce y est pour quelque chose.
  • Le changement du rythme de vie qui s’accélère, laissant moins de temps pour les loisirs créatifs; les heures de travail sont de plus en plus « hors norme » et la liste des « to do » s’allonge.
  • Le savoir-faire manuel qui n’est plus transmis, en plus de l’espace pour le faire qui a disparu; l’atelier au garage ou la salle de couture cède la place à l’espace d’entrainement ou de divertissement.

Ayant observé et vécu ce changement à 180 degrés, ce que je constate maintenant est l’antithèse du bricolage et de la création pour le plaisir.

En effet, as-tu remarqué, comme tout aujourd’hui, doit servir à quelque chose?

Même notre temps et nos loisirs doivent être utiles, valorisables et « publiables ».

On est loin de la génération bricoleuse et de sa gang de « patenteux », comme on dit au Québec.

Et si à grands coups de technologie, de revirement culturel, d’argent, de vie à 100 milles à l’heure et de perte de savoir-faire, on avait étouffé la puissance de créer juste pour soi?

Et si, dans ces gestes créatifs, qui semblent souvent inutiles aux yeux du monde, se cachait le trésor du soin intérieur?

Le piège de la créativité « conditionnée »

Lorsque je vais sur les réseaux sociaux, sur internet, dans les magasins et même dans certaines galeries d’art, je vois que nous avons…

Confondu créativité et performance.
Confondu aussi l’idée qu’il faut être douée, être « bonne », être productive pour créer.
Confondu tout autant la peur du jugement, la peur de faire du laid ou de « perdre son temps » au lieu de créer pour le plaisir.

Parce que nous avons oublié que de créer de manière simple, de manière unique à soi, je dirais même de manière enfantine, est d’abord un dialogue intérieur, une voie vers sa voix.

Et donc, créer de manière intuitive, c’est d’abord habiter un espace en soi où l’on peut enfin respirerêtre soi, être dans la présence de soi.

Créer pour soigner : la vérité oubliée

Je répète souvent, dans mes enseignements, qu’avec la Création intuitive, « on n’est pas là pour gratter des bobos ».

Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de choses douloureuses qui vont remonter lorsque l’on crée de cette manière. Parce que c’est normal que ça nous arrive, et que c’est même bénéfique quand ça se passe.

Pourquoi est-ce normal et bénéfique?

Créer à la manière de la Création intuitive, soit sans attente et sans pression, nous remet en lien avec notre corps, avec nos émotions, avec notre élan de vie intérieur.

Dans ce contexte, ceci ajoute au geste créatif une dimension où il peut panser doucement une blessure, où il peut permettre un autosoin qui soulage, où il peut créer pour soigner.

Et à cet instant, ce geste candide de créer intuitivement, on peut voir et sentir qu’il ne guérit pas en « effaçant » ce qui fait mal, mais en nous permettant d’accueillir enfin cet espace où l’on s’était coupée de nous à cause de la souffrance.

Donc, en se laissant être en contact intérieur par le geste de créer intuitivement, c’est soigner et déjà commencer à guérir.

La Création intuitive comme médecine du coeur

Lorsqu’on lâche la performance, qu’on ne cherche plus à « faire du beau » – dans le sens de faire de « l’esthétique » – on se met enfin en marche vers soi.

On se met à suivre un chemin qui nous inspire à suivre l’élan, l’impulsion, d’un besoin de s’exprimer pour soi.

Et marchant à notre rythme et à notre manière unique, cette façon de créer intuitivement permet de ressentir que nous existons pleinement et sans filtre.

Ce que je crée devant moi, c’est une partie de moi, un miroir de moi; créer pour soigner ce miroir de soi.

Et parfois, elle permet même de laisser les larmes couler sur nos joues… pour libérer le vivant en soi.

Et donc, je te le dis avec toute ma tendresse :

Ce n’est pas toi qui dois être « bonne » ou performante lorsque tu crées de manière intuitive. C’est ce que tu crées, avec la complicité et la sagesse de tes mains, qui vient te rencontrer là où tu es.

Et si ta Petite Créative intérieure savait déjà comment t’aider à te soigner?

Je te parle souvent de cette part de toi, candide et curieuse, qui vit dans ton coeur. Cette Petite Créative qui n’attend pas de résultat et qui ne demande pas que tu sois « bonne » ou « plus », pour s’amuser avec toi.

Au contraire!

Parce qu’elle aime les couleurs, le jeu, les gestes libres, le découpage, le gribouillage, les superpositions, les brillants et les paillettes… elle tend une main douce et réconfortante sur tes blessures; elle est là pour créer pour soigner, pour te soigner en sa compagnie.

Elle ne juge pas. Elle sent, elle ressent. Elle sait, tout simplement. Oui, elle sait où se cache la lumière, ta lumière, même quand toi tu ne la vois plus, aveuglée par la peine et la souffrance.

Créer pour soigner, pour guérir

Un jour, j’ai eu l’inspiration divine d’un parcours à travers la création spéciale d’un Carnet.

Est-ce que je savais, à ce moment, que ce fameux Carnet serait porteur de toute cette guérison, pour moi et pour les femmes que j’accompagne?

La réponse est non!

Et pourtant, arrivée à l’aube de mon 12e Carnet, donc de mon 12e parcours du coeur, je vois que chaque création née dans cette démarche et déposée dans mes Carnets, sont détentrices de soins qui guérissent; c’est ça créer pour soigner.

Et ce n’est pas seulement moi, voici ce qu’elles m’écrivent en s’inscrivant à nouveau – parce que oui, elles restent, elles reviennent, elles soignent et guérissent :

ALLER PLUS LOIN – Mes mains qui soignent mon cœur

Je te propose un exercice pour revenir à ta source, là où tes mains apaisent et soutiennent ton cœur; un exercice tout doux pour créer pour soigner.

Comme d’habitude, prépare ton espace en ouvrant ton journal ou ton carnet sur une double page, et choisis quelques matériaux simples pour créer intuitivement (crayons de cire, pastels gras, bâton de gouache, papiers colorés, colle…).

Tu es prête? Allons-y!

  1. Le geste d’ancrage – Pose une main sur ton cœur, ferme les yeux et prends 3 respirations lentes. Puis, dépose tes deux mains directement sur tes pages, comme si tu voulais laisser leur empreinte énergétique, et traces-en le contour.
  2. Les couleurs du soin – À l’intérieur de tes empreintes, laisse aller tes gestes libres, sans chercher à « faire beau ». Choisis les couleurs qui t’appellent. Imagine que chaque trait, chaque tache de couleur, chaque papier collé est un baume que tes mains appliquent sur ton cœur.
  3. Les mots qui soulagent – Écris autour de tes mains, des mots ou des phrases qui te font du bien, comme des pansements doux. Ça peut être tout simple, comme : « Je suis là pour moi »« J’ai le droit de me reposer »« Je m’accueille telle que je suis ».
  4. Le geste de fermeture – Pour conclure, entoure tes mains d’un halo lumineux, d’une couleur ou d’une forme qui représente la protection et la tendresse. C’est ton symbole que tes mains savent toujours revenir soigner ton cœur, quand tu leur donnes cet espace.

Cet exercice devient alors une trace tangible dans ton carnet, que tu peux rouvrir chaque fois que tu ressens un poids intérieur. Rappelle-toi, il n’a pas besoin d’être « beau » : il est ton baume personnel, né de tes propres mains; né de « créer pour soigner ».

Viens créer pour guérir

Évidemment, tu auras compris que ce parcours dont je te parle, où on laisse nos mains et nos créations nous prodiguer leurs soins, est celui de Mon Carnet de Coeur.

Un endroit où l’on ne crée pas pour faire de l’esthétique ou pour performer, mais assurément pour se faire du bien.

Comme tu le sais, je ne suis pas là pour te convaincre que chacune de tes créations est une main tendue vers ton coeur ou que chaque geste créatif est un pas vers ta guérison.

Je suis là pour partager mon expérience personnelle de l’autosoin, que me permet cette façon de créer, pour rayonner librement qui je suis.

Et dans ce partage, je t’accueille, si tu sens que tu es prête à faire de même, dans un espace sécuritaire, sans jugement pour exprimer avec douceur ce qu’il y a en toi.

Et je t’assure , c’est là que peut commencer le vrai soin de toi.

Par contre, il se peut que tu ne te sentes pas encore alignée avec cette idée, et tout est parfait.

Peu importe ce que tu choisis, je te souhaite, je nous souhaite, la libération de nos souffrances dans l’ouverture du coeur et la joie de vie en soi qui n’aspire qu’à cet amour de soi libre et joyeux.

Avec toute ma confiance en ta force de guérison intérieure,

Louise

Me lire aussi sur mes réseaux sociaux

À lire également

Reconnaitre ce fil qui nous ramène à soi
Sur le Chemin de l'Amour de Soi

Reconnaitre ce fil qui nous ramène à soi

Il y a des moments, parfois, où une nouvelle lumière vient éclairer autrement ce que l’on croyait connaitre de soi.

C’est ce qu’il m’est arrivé, de façon surprenante, il y a quelques jours pendant l’écoute d’une entrevue avec l’inspirante autrice Raphaëlle Giordano.

À partir d’un élément qu’elle a dit, j’ai eu l’impression que quelque chose de nouveau se révélait à moi, mais « autrement ».

En lire plus »
Apprendre à se regarder avec douceur, comme un enfant devant un mystère
Sur le Chemin de l'Amour de Soi

Apprendre à se regarder avec douceur, comme un enfant devant un mystère

Lorsqu’il y a des congés scolaires, il m’arrive d’accueillir mes petits-fils pour toute la journée, et c’est ce qui s’est passé la semaine dernière.

Ils arrivent très tôt, et parfois même, je les accueille en pyjama, mais toujours avec un grand sourire et tout plein de câlins.

Cette joie de se retrouver annonce toujours des moments doux, joyeux… et un peu imprévus.

En lire plus »
Se choisir, même quand le cœur est en deuil
Sur le Chemin de l'Amour de Soi

Se choisir, même quand le cœur est en deuil

Je vais aborder quelque chose de délicat, aujourd’hui. Par contre, comme c’est une situation qui touche mon cœur, j’ai décidé d’en parler, avec, comme à mon habitude, beaucoup de douceur et de sensibilité.

Voici ce dont il est question…

Actuellement, dans mes espaces de création – soit mes programmes et accompagnements – deux femmes traversent un deuil récent : l’une a perdu son frère et l’autre, sa sœur, et ce, à seulement une dizaine de jours d’intervalle.

En lire plus »

Articles récents

Catégories

Etiquettes