Là où tu crois être en retard… quelque chose se prépare

Là où tu crois être en retard… quelque chose se prépare
Là où tu crois être en retard, quelque chose se prépare

Cet article contient un rappel doux pour celles qui croient être en retard : et si ce que tu prends pour un blocage était en réalité une gestation silencieuse en train de préparer quelque chose de plus juste?

(temps de lecture : 8 minutes)

Rien à rattraper, seulement à laisser naitre

J’ai été touchée, cette semaine, lorsqu’à la toute fin des partages, après la plongée créative dans mon Carnet du Cœur, celle qui venait d’offrir son témoignage a repris timidement la parole.

J’ai senti que ce qu’elle allait dire était important pour elle, mais aussi pour nous qui étions réunies autour de l’expérience de cette nouvelle création dans notre Carnet.

Et j’avais bien raison. Et c’est là que ça m’a frappé…

Il y a souvent quelque chose de précieux qui se révèle à la toute fin, lorsque l’on prend le temps d’écouter encore un peu.

Par souci de confidentialité, je ne vais pas rapporter les propos de cette créative, mais plutôt l’enseignement profond qui nous a été offert.

Tu vas voir, ça ne concerne pas que cette femme ou moiÇa nous habite toutes dans notre vie à un moment ou à un autre, et… plus souvent qu’on ne le croit.

Se croire en retard

Ici, j’entre rapidement dans le vif du sujet. Ça peut être perturbant ou même inconfortable. Je voulais t’en avertir.

Est-ce que ça t’arrive d’avoir le sentiment d’être en retard dans ta vie?

Ça peut être dans certaines sphères de ta vie, de ton chemin ou dans ton évolution intérieure.

Ce sentiment entraine presque invariablement de la comparaison : aux autres, à une version idéalisée de soi-même projetée, ou même à une expérience passée de soi qui nous semble meilleure que celle que nous vivons à l’instant.

Dans ce cas, la voix de la locataire d’en haut – celle qui habite notre tête – se manifeste et, les « pourquoi je n’y arrive pas », suivi des « j’aurais donc dû commencer avant », se succèdent et collent entre nos deux oreilles.

Ce discours intérieur proclamé sans ménagement fait surgir la sensation d’être figée, bloqué, en attente de quelque chose qui ne vient pascomme si tout en soi était en pause.

Et là, dans cet engrenage acquis depuis notre petite enfance, ce jugement intérieur nous fait percevoir ce « retard » comme une faute ou une faiblesse.

Mais voilà…

Et si ce que je crois être du retard n’était pas vraiment du retard?

Et si ce malaise, au lieu d’être un signe d’échec, était un passage?

Il se peut qu’en réalité, nous ayons une lecture incomplète ou erronée de ce qui est en train de se vivre en nous. Allons voir ça de plus près.

Renverser le regard

Je le vois pour moi, je le vois pour les femmes qui marchent ce chemin d’amour de soi…

Il n’y a pas de moment idéal, de moment à « décider » uniquement par la volonté ou de moment comme les autres – les miens ou ceux des gens que je côtoie.

Il n’existe qu’un rythme intime et propre à chacune de nous, et ce rythme peut même être différent d’autres rythmes que l’on a déjà vécus personnellement.

L’intelligence du cœur est beaucoup plus grande et plus vaste que ma pensée du « je suis en retard » ou de celle de ma volonté.

Si je m’arrête devant cette pensée et que je la mets de côté, puis que je la regarde « autrement », il se passe tout à coup quelque chose de complètement insoupçonné.

Ce regard nouveau crée un espace d’ouverture intérieure qui contraste avec la performance extérieure qui me fait croire que mon progrès est linéaire et similaire à ce que j’imagine.

La sagesse du cœur ouvre alors, avec douceur, l’enseignement vivant, qu’il n’y a jamais de moment idéal pour être là où l’on se trouve. Il n’ y a que des moments justes.

Et grâce à cette sensibilité du cœur que j’écoute et dans laquelle je place toute ma confiance, il y a quelque chose en moi qui sais exactement quand s’ouvrir; tout comme les fleurs et la nature au printemps.

C’est là qu’une observation remonte à la surface, comme une évidence cachée sous le tapis depuis presque toute notre vie…

Et si ce moment « juste » ne pouvait émerger qu’à travers tout ce qui le précède.

Réhabiliter le chemin invisible

Je trouve que de se déposer avec cette nouvelle lecture de la situation a un pouvoir magique, un pouvoir réparateur.

Parce que tout à coup, les nombreuses hésitations que j’ai ressenties au cours des derniers mois ou même des années ne sont plus des faiblesses ou des manques de volonté à corriger.

Il en est de même pour ce qui m’a semblé être des reculs ou des élans que j’ai retenus.

Les silences, les immobilités ou les sensations de « traversée du désert » prennent une nouvelle dimension.

Même les moments de fermeture ou de figement ne se voient plus comme des trous béants dans notre parcours.

Parce qu’on a longtemps pensé – et je l’ai cru aussi – que l’immobilité était un problème à corriger, alors qu’en réalité, elle était en train de nous – de me – préparer.

Dans le fond, c’était une gestation. Une maturation de mon expérience humaine qui ne se voit pas, mais qui transforme tout.

Cette nouvelle façon de voir le chemin est tellement libératrice; merci à la Vie.

Je ne suis pas en retard. Je suis en train de murir.

Ce que je croyais être de l’inertie, de l’inaction, de la stagnation, du marasme, du piétinement, de la morosité ou de l’improductivité, était en train de me préparer à ce moment « juste », ici et maintenant.

Puis là, j’ai pu embrasser cette gestation silencieuse qui avait la capacité de donner naissance à quelque chose d’inattendu.

L’acte créateur

Je reprends maintenant le fil de mon récit à propos de cette femme courageuse qui a décidé de partager ses réflexions sur les moments d’hésitation et de paralysie qui l’ont finalement conduite vers la Création intuitive, bien plus tard qu’elle ne l’aurait souhaité avec sa tête.

Son oiseau, qui est né de matière qu’elle avait déjà utilisée au fil de mes nombreuses propositions « offertes » depuis 2020, lui a doucement ouvert les yeux sur le fait que tout se complète, tout se réunit, tout n’est qu’un seul et même chemin.

À l’intérieur de ce nouvel angle, c’est là qu’il a été important pour elle de reconnaitre que ce n’est pas « malgré » ces impressions de retard ou ces hésitations, que cet oiseau est né, et qu’elle a vécu ce qu’elle a vécu dans cette expérience créative; non!

Cet oiseau et cette expérience créative sont apparus sous ses mains, dans son corps et son coeur, « grâce » à tous ces moments de doutes.

Chaque hésitation, chaque figement, chaque fermeture devient matière de création.

Le passé intérieur, à cet instant, devient une fondation inattendue, et plus un obstacle.

Ce qui nait aujourd’hui de mes mains créatives est tissé de tout ce que je n’ai pas osé hier, la semaine dernière ou les autres années.

La création devant moi – en l’occurrence cet oiseau pour elle – devient alors une synthèse vivante du chemin que j’ai parcouru.

Rien n’a été perdu. Tout a participé.

Je suis émue, en t’écrivant ceci : naitre grâce à tout ce qui a précédé, à tout ce qui a été vécu. Et des choses, j’en ai vécu… comme toi, comme nous toutes.

Lorsque quelque chose nait ainsi, de l’intérieur… il y a toujours un trésor qui se libère, mais qui dit « trésor », dit aussi défi.

Être exactement là où je dois être

Il y a une clé précieuse pour que tout ce revirement soit possible. Et c’est quelque chose que l’on trouve la plupart du temps tellement simple ou banal, qu’on cherche ailleurs.

S’offrir la permission est la clé.

Cette clé ouvre sur l’acceptation de ne pas être prête.

Elle déverrouille sur la fin du combat contre soi-même, d’où nous sommes toujours perdantes; toujours.

Elle débloque le mécanisme de fermeture sur le consentement du fait que « l’ici maintenant » est le seul point réel de mon expérience de vie.

Accepter que…

Je peux ne pas être prête, et pourtant être exactement là où je dois être.

Cette affirmation, lorsque je l’intègre, me fait reconnaitre que quelque chose est en train de murir, de naitre en moi, avec l’aide à tous les « avant », et que… tout est parfait.

Grâce à cette sagesse du cœur, je me donne enfin le droit de devenir, à mon propre rythme, la personne que je suis au plus profond de moi.

Et si, aujourd’hui, tu n’avais rien à rattraper toi aussi, mais seulement quelque chose à laisser naitre?

ALLER PLUS LOIN – Ce qui vit déjà en moi

Je t’invite à venir reconnaitre, à travers la matière, que rien n’est arrivé « trop tard ». Que tout ce qui a été vécu – même ce qui semble inutile ou inachevé – est déjà en train de participer à ce qui nait maintenant en toi.

Alors, prends un moment pour t’installer avec ton Carnet ou ton journal, ainsi que ton matériel chouchou pour créer de manière intuitive.

  1. Avant même de plonger– Laisse venir à toi un souvenir, une période, une émotion ou un élan que tu as longtemps perçu comme : un retard, un blocage ou quelque chose que tu n’as « pas réussi » à vivre comme tu l’aurais voulu. Ne cherche pas quelque chose de spectaculaire ou de trop souffrant. Laisse simplement ce qui est là… se présenter.
  2. Le geste symbolique– Choisis de la matière personnelle déjà utilisée : un reste de papier sur lequel tu as fait des essais, une page de ton journal que tu n’aimes pas, des chutes de papier coloré par toi, un collage que tu as réalisé il y a longtemps, une trace oubliée ou une création que tu as laissée de côté.
  3. Intègre cette matière– Puis, sans réfléchir, plonge les mains dans une nouvelle création. Attention : ce n’est pas pour « corriger » ou améliorer ta matière personnelle, mais pour l’inclure. Laisse tes mains te guider. Observe : comment elle se place, ce qu’elle transforme, ce qu’elle appelle autour d’elle.
  4. Point d’ancrage– Pendant que tu crées, garde simplement cette phrase en toi : « Rien n’a été perdu. Tout participe. » Laisse-la descendre, sans forcer.
  5. Lorsque tu sens que c’est complet– Prends un moment pour contempler ta création. Puis, très doucement, écris ou laisse monter : comment cette matière « ancienne » a changé dans ta création; ce que ça transforme de la voir ainsi maintenant; ce que ça te fait ressentir dans ton corps. Puis, demande-toi : Et si, dans ma vie aussi, c’était la même chose?
  6. Avant de refermer ton Carnet– Dépose simplement ceci : Je reconnais que quelque chose en moi est déjà en chemin.

La puissance de cet exercice est qu’il ne reste pas au niveau des idées. Il fait vivre, expérimenter : la transformation, la réintégration, la continuité du chemin.

Et surtout, il permet de voir concrètement que ce qu’on rejetait devient matière vivante.

S’arrêter et reconnaitre

Et maintenant, peut-être que tu peux simplement t’arrêter un instant. Un moment, pas pour comprendre, pas pour analyser, mais pour ressentir.

Ressentir ce qui est là en toi en ce moment. Ressentir ce que tu crois être en attente, ce que tu crois ne pas encore avoir osé, ce que tu crois être en retard.

Puis, doucement, laisse une autre possibilité émerger.

Celle que quelque chose est déjà en train de se préparer. Et si tout ce que tu as vécu – les élans, les détours, les silences, les immobilités – fait déjà partie de ce qui prend forme en toi aujourd’hui.

Rien n’a été perdu, parce que tout a contribué à faire de toi celle que tu es, ici, maintenant, dans cette respiration, dans cette présence à toi, dans ce point vivant de ton expérience.

Alors peut-être que, pour aujourd’hui, il n’y a rien à forcer, rien à accélérer, rien à rattraper. Seulement à reconnaitre.

Reconnaitre que quelque chose en toi sait, tout comme reconnaitre que quelque chose en toi murit, et reconnaitre que quelque chose en toi est déjà en chemin.

Et peut-être même… laisser un tout petit espace pour que ça puisse naitre.

Avec tout mon amour,

Louise

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