Là où nait le précieux

Là où nait le précieux, la valeur
Là où nait le précieux... la valeur

Cet article contient une perle venue d’un film, une phrase qui renverse tout… et une invitation à découvrir où nait vraiment le précieux, la valeur au-delà du beau et du résultat.

(temps de lecture : 8 minutes)

Ce n’est pas ce que tu crées qui compte…
c’est la façon dont tu t’y rencontres

Ces derniers jours, une « perle » est venue vers moi. En venant à ma rencontre, elle a illuminé quelque chose en moi, que je vais partager dans ce qui suit.

Ce « bijou » s’est présenté sous la forme d’un film qui s’intitule : La jeune fille qui pleurait des perles.

Un court métrage d’animation primé aux Oscars 2025, produit pour l’Office national du film du Canada (ONF), et réalisé par le Canadien Chris Lavis et le Polonais Maciek Szczerbowski.

Pourtant, malgré les éloges de ce film, ce n’est pas ce qui me l’a fait écouter.

Je me suis laissé porter vers cette animation parce que l’image de la jeune fille qui pleurait sur la bande-annonce m’intriguait et me touchait par son expression.

Dès les premières images, l’histoire m’a happée complètement : celle d’un garçon miséreux, épris d’une jeune fille dont les pleurs se transforment en perles, et d’où il sera confronté à un cruel dilemme entre l’amour et la fortune.

Voici la réflexion que m’a inspirée un moment marquant de cette histoire :

Là où on cherche la valeur

D’un point de vue humain, on peut facilement voir à quel point on cherche la valeur des choses à l’extérieur de soi; dans l’objet, dans le résultat, dans l’esthétique, dans le bien paraitre, dans le flamboyant, etc.

C’est comme un réflexe, une seconde nature.

Je le vois de façon évidente dans la Création intuitive. C’est le moment où la « bonne élève » ou la « grande-fille » en moi, me chuchotent de « bien faire » ou de créer quelque chose de « beau », ou de le faire dans les « règles de l’art ».

Ces pensées me font croire que ce que je suis en train de créer a plus de valeur, si c’est esthétique ou artistique.

Et je te dis ça en toute humilité, parce que j’ai longtemps été dans ce faux désir, moi aussi, en cherchant à faire quelque chose « qui avait de la valeur ».

Comme si la valeur de ce que je créais existait ailleurs et qu’il fallait que je la rejoigne, que je l’atteigne, et que c’était à l’extérieur de moi.

Et en toute transparence avec toi, ce ne sont pas des croyances dont on se débarrasse tout d’un coup. Il faut d’abord en prendre conscience, puis s’entrainer tout au long de nos expériences créatives à « faire autrement ».

Je te rassure, tu peux y arriver, parce que j’y suis arrivée et que je vois d’autres femmes réussir aussi.

Par contre, la vigilance est de mise, parce que parfois le mouvement peut revenir s’infiltrer sournoisement dans un moment de création qu’on aurait tant voulu « réussir ».

Et puis, parfois aussi, un mot ou une simple phrase vient tout changer. Et c’est ce qui m’est arrivé avec cette perle dont je t’ai parlé au début.

Le basculement intérieur

Assise confortablement dans mon salon, le monde autour de moi s’est éteint durant les 17 minutes qu’a duré cette touchante histoire animée.

J’étais fascinée par les mouvements et les rythmes créés par l’animation. Par contre, ce qui me touchait le plus, c’était l’expression des visages et des corps. Je me demandais comment les artisans, les artistes et les créateurs derrière cette œuvre avaient réussi à transposer ça dans l’écran avec des marionnettes.

Puis, il y a eu une phrase que le grand-père dit à sa petite-fille; des mots qui m’ont ému.
Sans dévoiler tous les secrets de l’intrigue, je la partage avec toi :

C’est toujours l’histoire autour de l’objet qui donne la valeur à l’objet, jamais l’inverse.

En l’entendant, j’ai mis l’image sur pause et j’ai reculé plusieurs fois pour bien l’entendre. Quelque chose s’est alors arrêté en moi. C’était comme si je reconnaissais une vérité que je portais déjà.

Et pour confirmer l’importance de ce que je venais de capter, ces mots ont pris leur temps pour descendre jusqu’à mon cœur.

Il a fallu encore 24 heures avant que tout à coup, l’image de mes Carnets du Cœur se présente à moi autrement. Et soudain… eurêka!

Un espace vivant

Le lendemain, dans cet instant de révélation, je me suis arrêtée à nouveau et je me suis dit à voix haute :

Mais oui, c’est ça. Ce ne sont pas mes Carnets qui ont de la valeur. Ce sont toutes les histoires que j’y ai vécues, et que j’y vis encore en les contemplant à partir de mon présent. C’est ça qui donne de la valeur à mes Carnets!

J’étais dans la joie par ce qui venait de m’apparaitre comme une vérité évidente. Je n’avais jamais pensé à ça.

L’expérience que je vis lorsque je m’installe à ma table de création et que je plonge dans la matière avec « tout mon être »… c’est ça, l’histoire qui fait naitre ma création, puis qui donne de la valeur à mon Carnet du Cœur!

Ce sont ces moments vécus avec présence… qui devien­nent l’histoire.

L’histoire, c’est ce lien intime qui connecte entre moi et la matière.

Lorsque je contemple ma création par la suite, elle dévoile cette histoire.

Et en reconnaissant cette histoire, j’accepte de voir ma vérité dans ce que j’ai créé et ce que j’y ai vécu.

C’est ça qui fait « vivre » l’histoire.

Ce que je peux voir dans mes Carnets, ce n’est alors pas des pages à tourner et à admirer. Ce sont des moments où je ne me suis pas quittée, des traces de ma présence à moi, de mon histoire personnelle vécue à travers elles.

Bien sûr, de l’extérieur ou pour les autres, ça peut sembler ordinaire. En revanche, pour nous, les créatives, de l’intérieur, c’est vivant.

En laissant cette révélation s’installer en moi, j’ai commencé à voir plus loin que mes Carnets de Cœur.

Quand la vie entière est concernée

Comme tu peux le voir, la porte d’entrée à toute cette réflexion a été mes Carnets du Cœur, mais ô combien ils ouvrent mon regard sur ma vie courante!

Par exemple, lorsque je passe du temps avec mes petits-enfants, c’est bien la présence qui réalise l’histoire. Et lorsque je regarde des photos de nos moments ensemble, ce n’est pas la photo qui a de la valeur, mais l’histoire que nous avons créée ensemble.

C’est la même chose lorsque je cuisine, le plat à servir – qu’il soit un délice ou un flop – n’a de valeur que parce que j’ai été attentive aux détails écrits ou non de la recette, ainsi qu’au plaisir que j’y ai pris, et même des anecdotes qui s’y sont passées.

Les moments « ordinaire » de notre quotidien deviennent alors inestimables, parce que la valeur de nos vies ne se mesure pas à ce qu’on montre ou que l’on possède, mais à ce qu’on y a vécu de vrai. Ce sont des moments presque invisibles où l’on a simplement été présent avec tout notre être.

Et c’est là, dans cette réflexion qui suivait son cours, que quelque chose en moi s’est retourné.

Là où nait la vraie nature

Dans le fond, cette phrase percutante du grand-père à sa petite-fille, elle crée un renversement, dont on a besoin dans nos vies où « l’avoir et le paraitre » sont l’objectif suprême du capitalisme.

Dans cette sphère socioculturelle, renoncer à la quête désespérée de valeur en dehors de soi, mais plutôt à la construction de connexions et de présence avec soi-même et les autres devient un acte d’amour révolutionnaire.

Je vois à quel point moi aussi, j’ai appris à chercher à l’extérieur… mais là, je reconnais que :

La valeur ne précède jamais le lien… et le précieux nait toujours à partir du lien et de la connexion.

Ce qui compte vraiment ne se trouve pas à l’extérieur… il se tisse, dans la relation vivante que je crée avec ce que je touche.

Ce n’est pas ce que je crée qui a de la valeur, c’est la façon dont je m’y rencontre qui en a, dont je rencontre l’autre aussi. C’est l’histoire de cette rencontre qui devient cet « inestimable ».

Et, dans ce nouveau regard, peut-être qu’une autre façon d’être au monde émergera, doucement, pour toi, pour moi, pour nous.

La rencontre du précieux

Et si, aujourd’hui, tu ne cherchais pas à accomplir quelque chose de remarquable, d’esthétique, de parfait, mais que tu te contentais d’être pleinement présente… dans ton corps, dans ton souffle, dans ton cœur… et que ça suffit pour que ce que tu touches prenne vie et devienne ta propre histoire.

Peut-être qu’au fond, la valeur, le précieux, a toujours été là, attendant simplement que tu viennes à sa rencontre, et que tu le fasses vivre par toi.

ALLER PLUS LOIN – Tisser l’histoire plutôt que chercher à faire du « beau »

Je t’invite à vivre concrètement que ce n’est pas le résultat qui donne la valeur… mais la présence que tu déposes dans ce que tu fais.

Prends un moment pour toi. Tu n’as pas besoin de matériel spécifique. Sors seulement ce que tu aimes pour créer intuitivement, puis installe-toi à dans ton Espace-création.

  1. Avant de commencer– Dépose-toi doucement avec cette intention en ton centre : Je ne cherche pas à faire quelque chose de beau… Je viens rencontrer ce qui est vivant en moi.
  2. Laisse tes mains faire– Choisis un matériau, une couleur, une texture… sans réfléchir trop longtemps, et commence : colle, tracer, déchirer, assembler, gribouille… Laisse venir les gestes, même s’ils te semblent simples, hésitants ou imparfaits.
  3. Pendant que tu es en action– De temps en temps, arrête-toi. Reviens à ton corps, à ta respiration, et demande-toi doucement : Est-ce que je suis encore avec moi en ce moment? Si la réponse est oui, continue ta création. Si la réponse est non, reste doucement avec ta respiration jusqu’à sentir que tu es de retour avec toi, simplement.
  4. Quand tu sens que ta création est terminée– Ne cherche pas à juger ce que tu vois et regarde ta création comme on regarde une trace. Laisse monter en toi cette question : Quelle est l’histoire que je viens de vivre, ici, avec moi? Peut-être qu’elle est subtile. Peut-être qu’elle est claire. Peut-être qu’elle n’a même pas de mots. Et tout est parfait.
  5. Écrire pour que ça reste vivant – Si tu le souhaites, prends quelques minutes pour écrire cette « histoire » autour de ta création.

Ce que tu viens de vivre… c’est à cet endroit que réside le « précieux ».

Chaque fois que tu reviendras à cette création, tu pourras t’y connecter à nouveau, à partir de ton présent, écouter ton histoire.

Entre toi… et toi

Peut-être que, doucement, une autre façon de regarder ta vie est en train de naitre. Une façon où tu n’as plus besoin que les choses soient parfaites, réussies ou remarquables pour qu’elles aient de la valeur.

Une façon où ce que tu touches devient précieux… simplement parce que tu y es, parce que tu ne te quittes plus.

Peut-être que, pas à pas, respiration après respiration, geste après geste, tu réaliseras que ce que tu cherches depuis si longtemps… n’était jamais ailleurs.

Mais dans cette rencontre vivante, intime et silencieuse, entre toi… et toi.

Avec tout mon amour,

Louise

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