Se choisir, même quand le cœur est en deuil

Se choisir, même quand le cœur est en deuil
Se choisir... même quand le cœur est en deuil

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Cet article contient une histoire vraie de deuil et de présence à soi, un basculement intérieur, et une invitation douce à se choisir – même au cœur de la tempête.

(temps de lecture : 7 minutes)

Quand la Création intuitive devient un refuge vivant au milieu de la tempête

Je vais aborder quelque chose de délicat, aujourd’hui. Par contre, comme c’est une situation qui touche mon cœur, j’ai décidé d’en parler, avec, comme à mon habitude, beaucoup de douceur et de sensibilité.

Voici ce dont il est question…

Entrer par le réel : un espace où la vie se vit telle qu’elle est

Actuellement, dans mes espaces de création – soit mes programmes et accompagnements – deux femmes traversent un deuil récent : l’une a perdu son frère et l’autre, sa sœur, et ce, à seulement une dizaine de jours d’intervalle.

C’est une bien triste situation, mais ce qui me frappe dans ce qu’elles vivent, c’est que, malgré le départ d’un membre de leur fratrie dont elles étaient proches, une épreuve qui les traverse de chagrin, de tristesse et de pleurs, elles choisissent de venir quand même à nos séances de plongée créative.

Elles choisissent de s’installer à leur table de création, « ensemble », avec nous, et de se faire du bien par la Création intuitive, dans cet espace où la vie se vit telle qu’elle est.

Et même parfois s’il y a des larmes qui montent et qui manifestent le concret de leur réalité émotionnelle du moment, elles sont là pour elles-mêmes.

Je suis profondément touchée d’avoir le privilège d’être en leur présence au cours de cette période, de les accueillir dans ce moment troublé.

À travers ce contact humain, quelque chose en moi a doucement commencé à se révéler.

Le constat : ce qui, autrefois, aurait été différent

Lorsqu’on est dans une situation de fragilité émotionnelle, notre réflexe de protection est souvent celui de se mettre à l’abri en se retirant, en s’isolant; se cacher dans notre bonne vieille « grotte ».

C’est tout à fait normal et instinctif; l’animal fait de même. Pourtant, bien des gens perçoivent encore ce besoin de retrait comme une faiblesse, alors qu’il s’agit souvent d’une façon profondément humaine de se protéger lorsqu’on se sent fragile.

Bien sûr, on a besoin d’une certaine forme de retrait pour accueillir la tempête émotive que l’on vit durant ces moments inévitables tout au long de notre vie. Et c’est OK.

Pourtant, malgré ce réflexe, ces femmes traversées par un immense chagrin ont décidé de vivre ces moments autrement.

Elles ont raconté à leur façon qu’avant de connaitre les bienfaits de la Création intuitive, elles se seraient retirées, fermées.

Mais là, elles reconnaissent qu’elles ont besoin de ces moments pour « vivre » différemment cette période de deuil.

Me remémorant ça, je me suis arrêtée un instant sur ce qui, aujourd’hui, rend ça possible pour elles.

Le basculement : une autre manière d’être avec la douleur

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas en train de dire que la Création intuitive nous fait « oublier » notre vie, et qu’on se retrouve au pays des licornes et des Bisounours.

Ce que la Création intuitive permet, c’est de rester en lien avec soi-même au cœur de sa vie, peu importe son tumulte émotionnel.

Ce que ça change pour ces femmes, c’est qu’elles consentent, en ce moment, à être là pour elles-mêmes, en plongeant leurs mains – et tout leur être – dans la matière, dans cette expérience de flow créatif.

Cette expérience contribue à ce qu’elles restent en lien avec qui elles sont et ce qu’elles vivent, même au cœur de la tempête, surtout dans ces moments-là.

Ce sont des moments où les émotions peuvent cohabiter avec la création, et les larmes avec une présence plus profonde à soi-même.

Ça devient une autre posture intérieure, et non une absence de douleur, qui consiste à accueillir ce qui est là, en soi, sans se fuir.

Cette connexion que l’on garde vivante, au cœur de ces tranches de vie, construit et ancre quelque chose de solide en soi. Embrasser cette voie, c’est choisir de s’aimer soi-même, et cet amour transforme tout doucement notre manière d’habiter notre vie.

Puis, dans cette présence à elles-mêmes que j’ai eu le bonheur de voir avec mes yeux du cœur, j’ai remarqué qu’un autre espace s’est doucement ouvert.

L’ouverture : la puissance du groupe et du lien

Elles auraient pu être là pour elles-mêmes, à leur table de création, avec nous, sans souffler mot de ce qu’elles vivaient.

Et ça aurait été accueilli, respecté et avec tout autant de douceur et de légitimité. Chacune vit à sa façon ses moments personnels dans le cadre de la Création intuitive, parce que chacune a la responsabilité de son propre bienêtre.

Mais là, enveloppées dans la présence du groupe et ce qui est installé dans mes programmes et mes accompa­gnements, ces femmes ont senti qu’elles n’étaient pas seules, qu’elles étaient en sécurité, qu’elles étaient soutenues par cette énergie de la communauté, et elles ont pris la parole.

Parce que venir plonger dans la matière par la Création intuitive, c’est aussi venir se connecter à l’énergie du groupe, du collectifUn espace vivant d’énergie créé et nourri par chacune grâce à sa présence et à ses intentions personnelles d’amour de soi.

Alors portées par la puissance des autres femmes leur donnant la permission invisible, mais tangible de s’ouvrir et de partager, ces créatives endeuillées nous ont fait le cadeau précieux de leurs histoires vivantes.

Et probablement sans s’en rendre compte, en nous offrant leurs partages en cadeau, elles se sont peut-être offert à elles-mêmes l’un des plus précieux présents : l’amour d’elles-mêmes.

Parce que l’expérience partagée devient toujours un miroir d’humanité pour les autres, tout comme aussi… pour soi.

Devant tout ça, quelque chose de profondément essentiel m’est apparu.

L’intégration : le sens, l’hommage et l’invitation

Ce que l’histoire de ces femmes – comme celle de toutes celles qui empruntent ce chemin d’amour de soi – me révèle, que cette démarche transforme réellement.

Ce chemin intérieur vers le cœur, rééquilibre la vie en soi, et ce, même dans les moments les plus difficiles; peut-être même grâce à ces moments difficiles. Ce chemin métamorphose assurément les cœurs.

Et moi, ouvrant mes yeux intérieurs à ce qu’elles ont partagé, je suis émue et bouleversée d’être témoin de ce vivant qui s’offre généreusement au cœur humain.

À vous deux qui m’ouvrez à ce merveilleux de la vie – vous saurez vous reconnaitre -, à travers ces moments de deuil, je vous offre tout mon respect, toute ma tendresse, ainsi que toute ma gratitude.

Vous me faites voir que c’est possible, et que la transformation est bien réelle, visible et incarnée. Merci pour tout ça.

Cet enseignement reçu n’est pas juste bon pour moi, il est bon pour nous toutes, et il sous-entend un élément fondamentalement important :

Apprendre à créer intuitivement avant que la tempête n’arrive.

Ancrer en soi des gestes, des postures, des regards doux et aimants.

Préparer doucement la suite.

Et c’est ce qu’elles ont fait.

Se bâtir un espace intérieur habitable nourrit, au fil de nos pas sur le chemin d’amour de soi, une manière de revenir vers son intérieur qui ouvre un espace pour soi, mais aussi pour les autres qui sont en route.

Parce que se choisir, même dans les moments les plus bouleversants, peut devenir l’un des plus grands actes d’amour que l’on puisse s’offrir, et… offrir au monde!

ALLER PLUS LOIN – Même quand le cœur traverse une tempête

Je t’invite aujourd’hui à vivre une expérience toute simple, douce et profonde. Non pas pour « régler » ce que tu vis, et non pas pour effacer ce qui est difficile, mais simplement pour t’offrir un espace où rester près de toi-même.

  1. Installe-toi à ta table de création– Laisse-toi appeler par quelques matériaux : papiers, couleurs, tissus, crayons, images, bouts de ficelle, peinture ou tout ce qui te donne envie de toucher, découper, déposer, assembler…
  2. Avant de commencer– Prends un instant pour respirer doucement et demande-toi : Si mon cœur avait besoin d’un refuge aujourd’hui, à quoi ressemblerait-il? Ne cherche pas une belle création, ne cherche pas à comprendre. Laisse simplement tes mains répondre. Peut-être que ton refuge prendra la forme d’un nid, d’une grotte, d’une cabane, d’un cocon, d’un jardin, d’une lumière, d’un arbre, d’un fauteuil, d’une couverture, d’un paysage, d’une présence… ou peut-être qu’il sera tout autre chose. Fais confiance à ce qui veut apparaitre.
  3. Pendant que tu crées– Laisse monter ce qui a besoin d’être là : les émotions, les souvenirs, les larmes, le silence, les soupirs, les élans. Et si tu en ressens le besoin, tu peux déposer quelque part dans ta création quelques mots comme : Ce qui me fait du bien aujourd’hui… Ce dont j’ai besoin pour me sentir soutenue… Ce que j’aimerais m’offrir, même au cœur de cette tempête…
  4. Prends le temps– Lorsque tu sentiras que ta création est terminée, regarde-là doucement. Et demande-toi : Qu’est-ce que cette création me révèle sur la façon dont je peux être là pour moi, aujourd’hui? Peut-être découvriras-tu que tu portes déjà, en toi, plus de douceur, de force et de présence que tu ne le croyais.

En t’offrant ce refuge à ton coeur à travers cette création, tu réaliseras que tu n’as pas à traverser ce que tu vis en t’abandonnant toi-même.

Tu peux être, toi aussi, un lieu de douceur, de présence et d’amour pour toi.

Exactement là où tu es : te rapprocher davantage de toi-même

Peu importe ce que tu traverses en ce moment, j’aimerais que tu te rappelles ceci : tu n’as pas à attendre d’aller bien pour être là pour toi.

Tu peux commencer exactement là où tu es, avec ce qui est vivant en toi; tes élans et tes fragilités, tes larmes, ton silence, ton besoin de te retirer ou ton besoin de revenir vers toi.

Et si, en ce moment, ton cœur traverse une tempête, peut-être qu’au lieu de t’abandonner, tu peux choisir, tout doucement, de te rapprocher davantage de toi-même, un geste à la fois, une création à la fois, une présence à la fois.

Parce qu’il existe, au-dedans de toi, un espace habitable, un lieu où tu peux revenir, un lieu qui t’attend, un lieu que tu bâtis chaque fois que tu te choisis. Et ce, même quand le cœur est en deuil, même quand la vie fait mal, même quand tout semble vaciller.

Et peut-être qu’au fond, c’est là que commence la plus grande des tendresses envers soi-même.

Avec tout mon amour,

Louise

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