Être une grand-mère pour soi

Être une grand-mère pour soi
Être une grand-mère pour soi pour amplifier l'amour de soi

(temps de lecture : 10 minutes)

Une posture d’amour inconditionnel, de douceur et de sagesse

On voit de plus en plus, aujourd’hui, des approches humaines d’exploration intérieure, qui mettent de l’avant l’acte métaphorique d’être un parent intérieur pour soi.

Un papa ou une maman bienveillante qui materne en soi, console, encourage, remet debout avec amour, ce qui a besoin de soins par en dedans.

Et c’est une pratique précieuse à laquelle je crois, et que j’habite selon mes besoins, tout comme j’encourage les femmes que j’accompagne à l’expérimenter, elles aussi.

Toutefois, au fil de mes expériences personnelles des dernières années, tout comme grâce à ma relation privilégiée avec « elle » pendant ma jeunesse, j’ai découvert qu’il existe une autre posture intérieure à laquelle on ne pense pas d’emblée.

Une posture différente, apaisante et profondément rassurante, soit, celle d’être une grand-mère pour soi.

Est-ce que tu la connais cette posture? La pratiques-tu? L’habites-tu?

Une image puissante

Il y a dans l’allégorie de la grand-mère – même si, dans la vraie vie, tu n’as pas eu ce contact privilégié – quelque chose de profondément sécurisant; une chaleur enveloppante, une présence stable, une douceur immense incarnée par le temps.

Lorsque tu penses à l’image d’une grand-mère, qu’est-ce qui te vient à l’esprit?

Une odeur de soupe qui mijote doucement sur le feu?

Une voix douce qui raconte des histoires le soir en mettant au lit son petit-enfant?

Le fredonnement d’une chanson d’une autre époque, les mains occupées à planter des fleurs près de la maison?

Moi, je sens encore le bout des doigts de ma grand-mère, lissant des tissus sur mon corps, pendant qu’elle ajustait les vêtements qu’elle cousait pour moi.

Je nous revois, aussi, assises et serrées l’une contre l’autre dans son fauteuil berçant préfère, où elle tricotait et moi, je l’observais, blottie au chaud contre elle.

Ces images et ses souvenirs sensoriels, de chaleur et de proximité, me rappellent que la figure de la grand-mère est en archétype universel et puissant – selon Jung, symbole primitif, contenu de l’inconscient collectif qui se trouve dans l’imaginaire d’un individu, les productions culturelles d’un peuple.

Partout dans le monde, la grand-mère incarne la patience, la tendresse, la lenteur et l’écoute des rythmes, le savoir et la sagesse.

Cette grand-mère ne presse pas, parce qu’elle sait que les cycles et les tempêtes passent.

Elle aime d’un amour tranquille, comme si tout était déjà accompli.

Une différence… qui fait la différence

À partir de cette observation, je me suis questionnée sur ce qui différenciait ces deux archétypes intérieurs, et je me doutais bien que, comme dans la vraie vie, ils n’ont pas le même rôle.

Et c’est vrai! Il en est de même pour ces figures en soi.

Le parent intérieur, même avec les meilleures intentions, est beaucoup plus tourné vers l’éducation, le devoir, la responsabilité, le cadre, comme : relever, consoler, apprendre, encourager, etc. Un peu comme une maman qui, voyant son enfant tomber, le remet sur pied, nettoie ses genoux écorchés, pause un pansement, console et dit : « Aller up! On continue. ».

La grand-mère intérieure, quant à elle, ne presse pas, ne nous impose rien, et n’attend rien de nous. Elle prend l’enfant dans ses bras en l’accueillant, lui laisse le temps de pleurer et de se raconter, puis de guérir. Elle reste plutôt silencieuse, dans l’écoute, mais bien présente, sans vouloir réparer. Elle murmure : « Repose-toi. Je suis là. Je t’aime telle que tu es, dans toutes tes aventures. »

Cette différence change tout dans notre manière d’apprendre à nous aimer.

La maman intérieure nous pousse à avancer, et c’est bien correct; on en a besoin.

La grand-mère intérieure, elle, nous cajole, nous enveloppe de tendresse et nous apprend la plénitude tranquille du « Tout est parfait » ici et maintenant.

Elle devient la gardienne de notre propre tendresse, et nous donne la permission d’être maladroites, lentes, débordées ou vides — sans rien brusquer.

Une tisseuse de vie

C’est ce que je découvre et que je transmets à travers le chemin de la Création intuitive : un espace où l’on peut enfin se reposer dans cet amour tranquille, libre de jugement. Un amour qui n’a rien à prouver.

La célèbre conteuse, raconteuse et thérapeute Clarissa Pinkola Estés, dans son ouvrage « La danse des grands-mères » décrit cette figure comme une tisseuse de vie, capable de rassembler par les mains de son coeur, les fils épars de l’existence pour en faire une tapisserie pleine de sens.

Être une grand-mère pour soi, c’est exactement ça : ne pas juger les fils de notre histoire, mais les intégrer tels qu’ils sont dans la trame de notre vie, même si ces fils sont sombres ou effilochés, ils trouvent leur place dans le tissu sacré de notre vie du dedans.

Cette grand-mère tisse, donc, des ponts entre notre monde intérieur et notre vie réelle, pour notre mieux-être.

Et assise dans mon fauteuil de « matin magique », c’est cette grand-mère-là que j’écoute. Celle qui me dit de prendre mon temps, et qui me montre, dans mes Créations inspirées, ces détails qui étaient des trésors cachés.

Elle est celle qui transforme mes créations en contact sacré, simplement par son regard aimant et accueillant.

Une cuisine intérieure toujours ouverte

Être une grand-mère intérieure pour soi, c’est comme avoir une cuisine intérieure où l’on peut, à toute heure du jour ou de la nuit, pousser la porte et y trouver une chaise libre, puis une tasse de thé chaud ou un gouteux bouillon qui nous y attend.

Un espace de réconfort et de permission d’être pleinement soi, sans devoir « mériter » l’amour, sans chercher à devenir « meilleure ».

C’est se dire doucement, avec les yeux et le coeur : « Je suis assez. Ni trop ou pas assez. Je suis moi. ».

Et dans cette cuisine, l’alchimie du coeur fait son travail en la présence de cette grand-mère, gardienne des savoirs ancestraux de l’amour de soi.

Une combinaison magique

Dans l’exploration de soi par la Création intuitive, je propose souvent d’entrer dans cet espace de la « grand-mère intérieure », même si je ne la nomme pas toujours ainsi.

Comme souvent dans la vraie vie, la grand-mère intérieure, donne à la Petite Créative en nous, le droit d’explorer, de jouer, de rêver, de s’amuser, sans pression de résultat.

Dans ses bras intérieurs, chaque geste créatif devient alors un acte d’amour de soi.

Et cette figure intérieure n’exige rien. Elle est juste présente, nous enveloppant et nous bordant d’un châle de douceur en nous invitant à transformer la création en refuge, en rituel de tendresse.

Tisser cette posture bienveillante

Et si, aujourd’hui , tu t’autorisais à devenir celle qui veille sur toi avec bonté et simplicité, pour incarner ta propre aïeule, celle qui sait, qui comprend, et qui n’a plus besoin de lutter pour mériter l’amour.

J’ai les pistes que voici pour t’y déposer :

Quand je traverse une tempête par en dedans, est-ce que je me pousse comme une mère intérieure qui relève et pousse vers l’avant, ou comme une grand-mère aimante et accueillante?

Si j’imaginais ma cuisine intérieure, qu’y aurait-il sur la table pour m’accueillir aujourd’hui?

Quelle est la première chose simple que je pourrais faire, dès maintenant, pour me border d’amour comme une grand-mère borde son petit-enfant avant la nuit?

ALLER PLUS LOIN – L’image de ma grand-mère intérieure

Il se peut que tu n’aies pas eu ce contact réel avec l’une de tes grands-mères, et, même si c’est le cas, je t’invite à créer une représentation sensible et personnelle de ce lien, pour lui donner vie sous tes yeux par tes mains.
*Je te montre celle que j’ai créée sur l’image mise en évidence dans ce texte, qui est déposée sur un châle que ma vraie grand-maman à crocheté pour moi.

Voici comment t’y prendre :

  1. Préparer ton espace– Installe-toi dans un lieu calme, avec ton carnet et tout ce dont tu as besoin pour créer intuitivement. Prends le temps d’allumer une bougie ou de te préparer une boisson chaude pour entrer doucement dans l’ambiance.
  2. Fermer les yeux et ressentir– Pose les mains sur ton cœur et respire lentement. Imagine que tu entres dans ta « cuisine intérieure ». Regarde autour de toi : qu’y a-t-il sur la table? Que sens-tu dans l’air? Quelle présence bienveillante est là pour toi? Puis, invite ta grand-mère intérieure à apparaitre. Peut-être a-t-elle un visage, peut-être seulement une silhouette, un parfum, une couleur ou une texture. Laisse-la venir sans forcer.
  3. Un moment de douceur partagé– Dans cette vision intérieure, imagine qu’elle t’offre un moment simple : une tasse de thé, un fruit, une chanson, un geste tendre. Ressens l’effet dans ton corps.
  4. Créer l’image– Reprends ton carnet et, sans chercher à faire du « beau », de l’esthétique, ni à la représenter fidèlement, exprime cette rencontre par des formes, des couleurs, des traces, des collages. Ce peut être une chaise vide qui attend, une paire de mains, une nappe fleurie, un châle, une lumière douce ou juste des lignes apaisantes. Laisse-toi guider par la sensation plutôt que par l’idée ou le concept.
  5. Un geste de gratitude– Lorsque tu sens que ta création est terminée, écris à côté ou autour, quelques mots simples que ta grand-mère intérieure pourrait te dire aujourd’hui. Par exemple : « Repose-toi. Tout est déjà parfait. ». Puis, ajoute un geste symbolique : dessine un cœur, colle une étoile ou trace un fil doré pour sceller cette présence en toi.

Ce moment devient une empreinte de douceur que tu pourras revisiter chaque fois que tu auras besoin de te rappeler que ta grand-mère intérieure est toujours là, avec patience, sagesse et amour tranquille; tu pourras même entreprendre un dialogue du coeur avec elle, si tu le souhaites.

Avec la tendresse

Être une grand-mère pour soi, c’est donc cesser de vouloir se changer pour enfin s’aimer telle que l’on est, avec la tendresse d’un cœur qui sait et qui accueille.

Elle offre un chemin vers une plénitude tranquille; une invitation à cesser de vouloir « devenir » pour enfin se poser dans le « qui je suis ».

Et si c’était ça, le vrai soin :

T’asseoir à côté de toi-même, dans ta propre cuisine intérieure, une tasse chaude entre les mains, et dire à ta Petite Créative intérieure : « Raconte-moi tout. Je t’écoute. Je ne suis pas pressée. »

Et c’est ce que je te dis :

Je ne suis pas là pour te convaincre de cette façon de revenir vers de la douceur par l’intérieur, mais…

Si ma grand-maman, Laure-Alice, était encore de ce monde, je prendrais bien un grand verre de lait avec une généreuse part de ses fameux biscuits à la mélasse, tout en lui confiant mes expériences et mes désirs du moment.

Je suis là pour te partager mes expériences, comme celle-ci, et ainsi t’accueillir, si tu es prête à les vivre aussi.

Et puis, si tu sens que ce n’est pas encore le bon moment pour toi : tout est parfait… tout est toujours parfait!

Peu importe où tu en es sur ton chemin d’amour de toi , la douceur et le respect de ton rythme sont ce qui compte ici et maintenant.

Avec toute ma confiance en ta sagesse du cœur,

Louise

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