Une fin de parcours qui soulève des voiles

Une fin de parcours qui soulève des voiles
Une fin de parcours, qui soulève des voiles

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Cet article contient une fin de parcours où, des femmes découvrent que ce qu’elles ont créé révèle une grandeur invisible en elles – quelque chose qui peut devenir visible.

(temps de lecture : 8 minutes)

Quand le Carnet révèle une grandeur invisible

Dès que j’ai pensé exprimer de quoi je suis témoin à chaque fin de parcours, une émotion est montée.

Un peu d’eau de mer est apparue au bord de mes cils et mon cœur s’est gonflé d’émotivité face au mystère et à la profondeur humaine, dont je suis une témoin privilégiée depuis maintenant treize carnets.

Un bouleversement qui m’a prise aussi au ventre face à ces femmes qui honorent leur Carnet et leur parcours, en partageant leurs expériences à celles qui ont marché aussi en même temps qu’elles.

Et moi, assise dans mon Espace-création, venant de terminer, tout comme elles, mon propre « Carnet du Cœur », le regard curieux dirigé vers chacune d’elles et l’oreille intérieure ouverte… voici ce dont j’ai été témoin.

Une posture privilégiée

Cette toute dernière rencontre d’un parcours du Cœur est toujours sous le double thème « Célébrer et Honorer ».

C’est un moment culminant – comme un point d’orgue – où de nos retailles restantes des créations qu’on a déposées dans notre Carnet, on habille celui-ci avec elles pour en faire un écrin qui abrite un trésor… notre trésor.

L’atmosphère est à la célébration, mais aussi à la lenteur, à l’émotion et à la présence.

Je suis toujours émerveillée par ce moment, et ce, même après toutes ces années, après tous ces bouts de chemin vers un amour de moi, plus tendre et plus réel.

Ce moment est une expérience humaine à vivre à travers la sagesse de nos mains, de notre corps, de la matière, et le rendu de ce précieux Carnet ne concerne personne d’autre que soi dans cette expérience.

Et c’est là que la connexion à soi, par ce moment vivant, me permet d’abord d’être témoin de mon propre monde intérieur, de ma propre vie, de ma propre marche vers moi.

Cette première posture devient alors fondatrice de celle que j’habite lorsque, par la suite, je m’installe pour écouter et accueillir l’expérience de toutes ces femmes.

Des femmes qui plongent cœur et âme dans un vivant intérieur qui n’est pas toujours perceptible autrement.

Puis, durant ce moment de partages, une femme a prononcé des mots qui ont traversé mon être par des frissons.

Elle a dit, en nous montrant délicatement son Carnet : « Ce qu’il y a dedans est plus grand que moi. »

Voir enfin quelque chose de plus grand en soi

J’ai été renversée, et même troublée, par ces mots, par son expression corporelle qui semblait dire :

« Je n’en reviens pas. »

Et pourtant, je sais déjà intuitivement et tangiblement la profondeur qui s’invite dans cette expérience créative; ma pratique des douze dernières années m’y a conduite.

Être témoin de l’histoire concrète de cette femme enlève cette sensation qu’on a toutes – trop souvent – qui est celle de penser qu’on est seule à vivre ce que l’on vit.

En plus de cette phrase qui a déplacé quelque chose en moi – « Ce qu’il y a dedans est plus grand que moi. » -, elle a ajouté ceci :

« Avant, j’avais des mots pour décrire ou expliquer, et là, je n’ai rien. Et ça, ça me fait du bien… J’ai l’impression qu’enfin je dois laisser la place à quelque chose . »

Silence

Elle parle de la profondeur que le Carnet révèle pour elle.

Celle de la différence entre « se sentir grande » et « voir quelque chose de grand ».

C’est un dépassement du jugement et de l’explication, une entrée dans le mystère d’une grandeur habituellement invisible.

Comme si, quand on vit notre vie sans miroir comme le Carnet, on ne voyait que difficilement la grandeur qui nous habite.

Parce qu’à toujours avoir le nez dans le guidon, on finit par ne plus voir la beauté du paysage.

Et là, tout à coup, cette femme a réalisé à quel point il y a une grandeur qui l’habite et qu’elle peut consentir à se laisser traverser par elle.

Cette grandeur ne se révèle pas dans la performance, le « bien faire » ou la bonne élève. Elle apparait bien souvent au moment même où les femmes cessent de se presser.

Quand le temps cesse de nous opresser

Toujours assise là, captivée par ce qui se racontait, ce qui se dévoilait sous mes yeux et à travers mes oreilles, elle a poursuivi le récit de son expérience par ceci :

« J’ai refusé de me presser, et je me suis surprise à me donner le temps de ne pas finir. »

Et en racontant cette liberté qu’elle s’est enfin autorisée, elle s’est offert un délicieux lapsus :

« … m’oppresser… (???)… non, me presser. »

Ô que l’invisible du dedans sait tout!

Mes paroles pour elle ont été :

« Peut-être que, avant, tu t’oppressais de bien faire, mais là, tout change parce que tu as consenti à écouter. »

En se laissant le temps, l’espace et la possibilité que ça puisse se renverser, le corps et le cœur avaient enfin l’espace pour pouvoir s’exprimer.

C’est exactement ce qu’une autre créative a partagé avec nous sur le même thème :

« Le temps était dilaté… j’ai pu plus y être dedans… avant, je créais beaucoup mentalement encore. »

Alors, quelque chose change.

Le rythme intérieur revient. Le droit de ne pas finir apparait. Le corps entre enfin dans le processus du ressenti.

Et peu à peu, le mental devient plus silencieux pour laisser davantage de place au vivant.

Voilà des manières qui éveillent la conscience que, lorsque le temps ralentit suffisamment, quelque chose peut enfin devenir visible.

Le carnet ne provoque rien… il révèle

Oh oui! Cette participante avait bien raison lorsqu’elle nous a dit :

« Le Carnet ne provoque pas ce que je traverse, mais permet de le voir. »

Ce qui importe, c’est cette expérience qui éclaire le prochain pas à faire.

Ce prochain pas, ainsi éclairé par ce vécu de ralentissement, permet exactement ce que l’une d’entre elles a partagé :

« Aller à l’essentiel, à l’essentiel, à l’essentiel… les couches se retiraient les unes après les autres… ça débroussaille pour laisser germer la graine. »

Le Carnet avec toutes ces créations contenues permet, tout à coup, que les couches lèvent, s’enlèvent et perdent doucement leur place. C’est symbolique et tellement métaphorique, que ça touche directement le cœur, le corps et l’âme, qui ont ce langage.

Et quand j’y pense, peut-être que c’est ça qui me touche autant depuis toutes ces années :

Voir des femmes se rencontrer elles-mêmes à travers la matière – écrit avec une nouvelle vague d’émotion.

Ce que j’ai vu dans les yeux de ces femmes

Toujours dans ma posture de témoin, assise là devant elles – même si un écran nous sépare – je ne veux pas que tu croies que tout ça est facile ou naïvement « magique ». Absolument pas!

Je vois et j’entends des chemins chaotiques, des détours et des impressions de « retour en arrière ».

Et dans cet accueil de tous ces défis, je vois aussi de la lumière, des corps qui recommencent à sentir, des ventres qui appellent à ressentir, des femmes qui se surprennent elles-mêmes, de l’émerveillement partagé.

L’une d’elles a dit avec une nouvelle compréhension :

« C’était un passage… je suis arrivée au bout. Je suis fière de moi. »

Puis une autre ajoute avec une étincelle dans le regard :

« Ressentir la joie et l’émerveillement… On pose l’intention et elle reste là. »

Oui, voilà! On prend des chemins de traverse, parce que l’amour de soi ne vient jamais en ligne droite, et que ça fait partie de l’expérience humaine.

Puis là, maintenant, observant mon nouveau Carnet devant moi, habillé de toutes ces retailles, je vois symboliquement à travers elles que tous les fragments de mon parcours ont finalement créé un écrin qui contient toute cette expérience du cœur… une trace de mon désir d’amour de moi.

C’est dans une gratitude profonde que je vois qu’après toutes ces années à m’accompagner et à accompagner des femmes sur le chemin que propose la Création intuitive, je demeure encore bouleversée.

Bouleversée de voir ce qui devient visible lorsqu’elles osent enfin entrer en relation avec elles-mêmes à travers la matière.

Et lorsque j’ose aussi le faire en symbiose avec elles.

Parfois, ce qu’on y découvre n’est pas plus parfait, ni plus contrôlé, ni même plus clair.

Parfois, ce qu’on y découvre est simplement plus grand que soi.

ALLER PLUS LOIN – Voir ce qui veut devenir visible

Parfois, il suffit de ralentir un peu pour que quelque chose commence doucement à émerger.

Je t’invite à vivre une courte expérience de Création intuitive, non pas pour « réussir » quelque chose, mais simplement pour laisser apparaitre ce qui cherche peut-être déjà à se montrer en toi.

Installe-toi dans ton Espace-création avec ton carnet. Sors tout ton matériel chouchou pour créer intuitive. Et surtout… prévois du temps où tu n’as rien à prouver.

1. Entrer dans le silence – Avant de commencer, assieds-toi quelques instants devant une page vierge, puis demande-toi doucement : Qu’est-ce qui veut à devenir visible en moi en ce moment ? Ne cherche pas la bonne réponse, mais laisse simplement la question descendre dans ton corps, dans ton cœur.

2. Choisir sans expliquer – Commence à choisir des morceaux de papier, des textures, des couleurs ou des images qui t’appellent. Pas besoin de comprendre pourquoi. Laisse tes mains choisir avant ta tête.

3. Créer sans te presser – Colle, déchire, superpose, déplace. Et surtout… remarque les moments où tu veux aller vite, finir, contrôler ou « bien faire ». Puis reviens doucement à ton rythme intérieur. Tu peux même te répéter : Je me donne le temps de voir ce qui veut apparaitre.

4. Observer ce qui est là – Quand tu sentiras que c’est suffisant, arrête-toi, puis observe ta création comme on contemple un paysage. Sans analyser, sans comprendre. Puis demande-toi : Qu’est-ce que cette création me montre? Qu’est-ce qu’elle révèle que je ne voyais pas encore? Qu’est-ce qui semble plus grand que ce que je croyais?

5. Écrire une trace – Termine en écrivant quelques mots spontanés autour de ta création. Pas un texte parfait, mais seulement une trace de ce qui a été vécu.

Peut-être que ce que tu as créé ou écrit ne deviendra pas tout de suite clair pour toi. Mais parfois, simplement ralentir assez longtemps permet déjà à quelque chose d’essentiel de commencer à devenir visible.

Revenir à ce qui veut être vu

En relisant ces partages de femmes, en regardant mon propre Carnet posé devant moi, je réalise peut-être encore davantage ceci :

Nous passons une grande partie de notre vie à essayer de nous améliorer, de nous comprendre, de nous réparer…

Alors que parfois, ce dont nous avons le plus besoin, c’est simplement d’un espace assez vivant pour enfin nous voir.

Voir ce qui cherche à éclore. Voir ce qui résiste encore. Voir la beauté restée cachée sous les couches. Voir la grandeur silencieuse qui habite déjà là en soi.

Et peut-être que la Création intuitive nous offre exactement cela : non pas devenir quelqu’un d’autre, mais entrer doucement en relation avec ce qui attendait déjà d’être rencontré en nous.

Peut-être même… avec quelque chose de plus grand que soi.

Avec tout mon amour,

Louise

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