Du « Aaaah! » à la plénitude

Du « Aaaah! » à la plénitude Quand une émotion se vit avant de se nommer
Du « Aaaah! » à la plénitude - Quand une émotion se vit avant de se nommer

(temps de lecture : 11 minutes)

Quand une émotion se vit avant de se nommer

J’explore aujourd’hui comment un simple « Aaaah! », posé au début d’une centration – qui active la plénitude de notre être – peut faire surgir une émotion-guide qui nous accompagne toute une année.

Tout au long de l’évolution de mon programme, Mon Carnet du cœur – il en est à sa 12e cohorte quand même! – j’ai toujours guidé une centration avant la plongée créative.

Cette étape importante, je la propose pour se centrer sur soi, faire le silence intérieur, tout en invitant le thème de la séance à nous habiter, à nous inspirer.

Depuis plusieurs Carnets déjà, et parce que je l’ai senti moi-même du dedans, d’instinct, j’ai ajouté pour amorcer cette centration, un moment où l’on fait bouger son corpsoù l’on s’imagine donner de l’espace à notre Petite Créative intérieure pour remuer, s’activer.

Au cours de ce « gigotement », j’invite à laisser aller trois grands soupirs en émettant un « Aaaah! » très sonore.

Un soupir qui pourrait dire : enfin, je suis là avec moi, j’ai réussi, j’y suis arrivée…

Une expiration qui porte les traces de notre journée, de notre histoire vécue – récemment ou non – peut-être même de ce que l’on ne sait pas encore nommer, mais juste ressentir.

LES BIENFAITS INVISIBLES DU « AAAAH! » SOUPIRÉ …

Ce soupir n’est pas seulement un relâchement intérieur ou une détente physiologique qui favorise la plénitude. C’est un passage qui joue un rôle beaucoup plus profond et subtil, car il aide à traverser d’un état à un autre.

Il régule le système nerveux, dépose le surplus émotionnel et relâche les tensions qui contraignaient la respiration.

Il ouvre un espace intérieur plus vaste, fait passer du mental au ressenti et ouvre doucement la voie créative, tout comme celle de l’intuition.

Il installe la présence, réactive le mouvement intérieur et prépare un terrain où la Petite Créative peut se sentir en sécurité, mais aussi accompagnée.

Et dans cette ouverture subtile, une émotion commence déjà à nous habiter avec présence – pas encore nommée, mais pourtant bien vivante.

Ces effets peuvent paraitre discrets, mais ils préparent intensément la qualité de présence avec laquelle la plongée créative va se vivre.

Du soupir à la plénitude : naissance d’une émotion-guide

J’ai mis un certain temps avant de saisir que ce merveilleux « Aaaah! » soupiré en bougeant, n’était pas seulement un relâchement physique.

Non. C’était une émotion – parfois plusieurs – en train de se révéler. Oui, oui, une vibration émotive, que l’on ne nomme pas, mais que notre corps reconnait immédiatement dans cette expiration sonore.

C’est exactement et aussi ce que j’ai expérimenté cette année – la vibration d’une émotion spécifique à partir du corps – par l’entremise de mon « émotion-guide », celle de la « plénitude », par l’intermédiaire de mon Mandala Visio-Senti.

Et je t’assure que cette émotion – la plénitude – ne s’est pas présentée comme je l’imaginais.

Elle s’est plutôt infiltrée par petites touches : dans un jour sombre par un instant lumineux inattendu, dans un partage prononcé par une participante, dans l’un de mes Carnets ouverts au hasard, dans un élément de la nature qui m’a permis de ralentir le rythme pour capter sa beauté; et ce, même si une partie de mon année a été particulièrement intense et lourde à porter.

Je me souviens d’un matin où, en regardant une multitude de petits arcs-en-ciel sur mon mur créé par le soleil levant, j’ai senti cette plénitude m’habiter comme une douce vague, sans raison apparente; et j’ai su que, malgré tout j’y arrivais.

À chaque fois, c’est le même signe intérieur qui se présente : un « Aaaah! » soupiré, doux, presque imperceptible… Comme un « oui » qui se déployait dans mon cœur.

C’est à ce moment-là que j’ai pu saisir que la plénitude – tout comme la gratitude, la paix, la joie ou l’amour… – se vit bien avant de se penser, puis de se nommer.

Elle passe par le souffle – avec ou sans ce fameux « Aaaah! » sonore – par l’apaisement, par un espace plus large qui s’ouvre en nous.

C’est ce que je veux explorer dans la suite : le moment précis où le mouvement du corps ralentit et où le souffle devient plus ample, le moment où le premier « Aaaah! » apparait. Un soupir qui ne nomme rien, mais qui dit tout.

Un langage préverbal du coeur

Chaque fois que je guide cette centration dans mes programmes, pour mes participantes et pour moi, et que le soupir arrive, je sens et je sais qu’un seuil se traverse grâce à lui; comme un passage entre l’agitation et la présence.

Chaque « Aaaah! » exprimé révèle que quelque chose s’aligne de plus en plus à l’intérieur, s’assemble pour créer de la plénitude.

En combinant ces soupirs avec le mouvement du corps, il y a une voie de vérité qui s’ouvre en soi, car ce son n’est pas une pensée, il ouvre un ressenti.

Le corps le reconnait, bien avant les mots, et de là, il enclenche petit à petit un apaisement.

Et lorsque le soupir se dépose en nous, quelque chose d’autre commence à faire surface : le frémissement d’une émotion qui nous guide avant même que l’on ne sache la nommer.

Parce que ces premiers signes ne passent pas sous silence : ils peuvent se transformer en une boussole intérieure qui orientera nos jours, nos mois, notre année.

Sentir et ressentir avant de savoir

Nos émotions forment un tissu intérieur essentiel à notre être, et elles sont perçues d’abord par résonance, par sensation, non par compréhension mentale.

Et dans ce sens, cette matière subtile de ce que nous ressentons, n’est pas une définition savante dans un livre : c’est une fréquence, une vibration.

Ces émotions se reconnaissent dans le corps, dans un élan intérieur, dans une chaleur, bien avant que les mots ne s’affichent dans notre tête.

C’est plutôt une vague intérieure qui installe la plénitude et qui amène la compréhension viscérale que : sentir, ressentir sans nommer est une manière de revenir à notre genèse émotionnelle, celle de l’enfance.

Plus on se laisse toucher par ces émotions, sans les repousser, plus elles s’enracinent comme une présence amie, jusqu’à devenir un chemin intérieur des émotions qui guident.

Quand une émotion devient une boussole du coeur

Je suis toujours aussi fascinée par le fait que l’émotion qui monte par vibration lors de ces mouvements du corps et de ces « Aaaah! » soupirés, n’est jamais celle que j’aurais pensée ou même souhaitée.

Ce n’est pas moi qui la choisis, car elle ne se choisit pas. Absolument pas! C’est elle qui me choisit. Et elle apparait dans un moment tout simple, un moment d’intimité avec soi où elle ne s’impose pas.

Au contraire, elle inspire et montre un chemin. Elle enseigne en douceur ce que veut devenir et peut devenir, notre monde intérieur authentique et rempli de plénitude.

Et lorsque cette émotion, qui se présente comme un guide, se fait sentir avec suffisamment de constance, elle nous invite à entrer dans un travail de résonance; exactement comme celui proposé dans Mandala Visio-Senti.

L’art de laisser une émotion nous transformer

Il y eu un temps où je cherchais à l’extérieur de moi une route vers un monde « meilleur », vers plus de sens et de liberté dans ma vie.

Pendant cette période, j’ai créé des tableaux de visualisation, effectué des bilans et défini des objectifs spécifiques, mesurables, réalisables et atteignables (du moins je l’espérais), tout cela en un laps de temps relativement court.

Puis, j’ai stoppé tout ça! J’ai tout arrêté, parce que je voyais bien que quelque chose clochait, et surtout, que je ne me sentais pas nourrie dans cette démarche, et surtout aucunement dans un état de plénitude; au contraire, je sentais de la pression qui s’amplifiait par la déception de ne pas y arriver.

À la fin de l’année 2019, j’ai eu l’inspiration que ça passait par l’intérieur, par le ressenti, et non par tout ce que j’avais tenté jusqu’à maintenant.

Et là, je me suis dit : Et si je me concentrais sur une émotion cette année – une seule émotion – pour m’aider à prendre toutes mes décisions, pour tracer mon chemin pour la prochaine année?

Et c’est de là qu’est né le programme Mandala Visio-Senti, où une émotion émerge d’un processus de Création intuitive, pour devenir une boussole vivante de coeur. Et ça marche!

C’était à ce moment une expérience audacieuse où je ne ne travaillais pas « sur » l’émotion, mais « avec » elle.

Cette émotion, qui m’a choisi, est devenue, de l’intérieur, l’émotion-guide qui façonne mon regard, ma posture, mes choix, mes actions, mes créations…

Explorer et vivre ma vie, habitée par cette émotion-guide, m’a mené à l’apprentissage du « sentir » et du « ressentir » profond, du sens de ce que je vis, de ma sagesse intuitive.

À force de vibrer et de vivre avec elle, cette émotion-guide est devenue une manière d’être, que je renouvelle chaque année depuis.

Et parfois, les mots d’une participante confirment ce que l’on vit :

« Bonjour Louise! Merci pour ton retour sur mon mandala. Oui, moi aussi, je dis WOW! chaque fois que je le regarde. Je me demande comment ça se fait que cette chose s’est produite, comment ça se fait que ces formes, ces couleurs ont passé par mes mains pour donner ce cercle qui me parle tellement! La magie du processus créatif… ça ne s’explique pas. Au moins, je n’ai pas d’explication!! Louise, tu avais 100% raison quand tu as dit que ce mandala allait nous habiter, nous accompagner, nous parler. C’est intense! Je le contemple chaque jour et des façons insoupçonnées de vivre plus dans la douceur (avec moi-même) viennent de + en + à mon esprit. Bientôt j’aurais besoin de réécrire ma lettre d’engagement! Ça me travaille… À part du carnet créatif que j’ai fait avec toi […], je n’ai jamais ressenti auparavant cette profondeur, cette force dans une de mes créations. Merci, Louise. » – Lorraine

Je ne sais pas si tu réalises, mais tout ça commence par un simple soupir; un « Aaaah! » qui ouvre la voie à la résonance, au « vivre vrai », à l’amour de soi par la Création intuitive.

ALLER PLUS LOIN – Le soupir qui ouvre la voie

Voici une proposition qui invite à sentir dans ton corps le passage entre l’agitation et la présence, à reconnaitre ce moment où ton « Aaaah! » devient une vibration intérieure… une émotion tout en plénitude qui se révèle avant même d’être nommée.

Un moment simple, profond, où ta Petite Créative peut enfin dire : « Me voilà… je suis prête! »

1. Prendre place dans son Espace-création – Installe-toi debout ou assise, dans ton Espace-création. Sens simplement le poids de ton corps, la matière sous tes pieds ou sous tes fesses, la présence de ta respiration… sans rien changer.

2. Éveiller le mouvement de la Petite Créative – Laisse ton corps gigoter librement, comme un enfant de 4 ans qui trépigne d’impatience. Secoue les mains, les épaules, les hanches, les pieds. Rien n’a besoin d’être gracieux, mais juste vivant. Observe comment ce mouvement déliedéverrouilleréveille.

3. Inviter le premier soupir – Pendant que ton corps bouge encore, laisse monter un premier « Aaaah! ». Un soupir sans intention, sans recherche : juste ce qui vient. Un « Aaaah! » peut-être sonore, timide ou fatigué – accueille-le tel qu’il se présente.

4. Les 3 grands soupirs de libération – Quand tu sens que le mouvement est bien installé, inspire doucement… puis, à ton rythme, laisse monter 3 grands soupirs. Laisse-les être vraispleinsauthentiques, même s’ils tremblent.

5. Le soupir qui révèle – Quand le corps se calme, reste quelques instants immobile. Observe ta respiration qui redevient naturelle. Et dans ce souffle qui berce, remarque : Y a-t-il une émotion subtile, presque imperceptible, qui se présente toute seule? Ne cherche rien. Laisse ton corps reconnaitre, et non comprendre.

6. Le silence qui accueille – Ferme les yeux. Laisse maintenant 3 respirations naturelles et profonde te traverser. Ressens simplement l’émotion intérieure qui est là. Sans nom, sans étiquette, sans explication. Juste le frémissement d’une émotion qui… peut-être… te choisit déjà.

7. Déposer dans la matière – Reprends contact avec ton espace autour de toi et ouvre doucement les yeux, puis, si tu le souhaites, tu peux aller déposer cette expérience dans ton journal ou ton carnet – un trait, une couleur, une forme libre, une coulée, un collage… Laisse ton souffle intérieur et tes mains te guider.

Cet exercice n’a pas pour but d’identifier une émotion, mais se tisser le lien entre le mouvement, la respiration et la présence intérieure qui prépare ta plongée créative.

C’est dans cet espace subtil, juste après le « Aaaah! »… que la Petite Créative sent qu’elle peut entrer dans le monde du Carnet, portée par un cœur qui se rend disponible à la résonance.

Le « AAAAH! » comme porte d’entrée de l’amour de soi

Qui y a-t-il de plus simple et de plus naturel qu’un soupir?

Un soupir, comme une porte par laquelle tout commence : le corps, la présence à soi, l’émotion vécue, la résonance, le temps et le silence intérieur.

Car oui, dans ce « Aaaah! », il y a un retour à soi, une vérité, une lumière.

Ce soupir n’est pas celui d’une fin, mais plutôt le premier pas du coeur qui se voit et qui se reconnait.

Tout ce que nous créons de manière intuitive, suite à cette centration, à cette vibration, nait de ce moment où le cœur respire avec plus d’ampleur.

Et c’est là que s’ouvre le terrain de jeu de la Petite Créative : dans l’espace vivant du souffle qui se libère par ce mouvement du corps.

Je ne suis pas là pour te convaincre de faire des « Aaaah! » et de « gigoter »; bien sûr que non.

Ce qui importe pour moi, c’est de partager les expériences qui me guident vers plus d’amour de moi, et de cet endroit à l’intérieur de moi, accueillir celles qui se sentent prêtes à faire ce chemin aussi.

Peu importe la manière dont tu choisis de le faire, sache que tout est parfait.

D’une manière ou d’une autre, ce qui compte le plus, c’est d’ouvrir une porte en soi pour s’éblouir de notre propre lumière, et ce, de manière créative et inspirante pour soi.

En présence de ma Petite Créative intérieure et toute ma tendresse,

Louise

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