(temps de lecture : 8 minutes)
Les ingrédients sont là, mais… il faut créer sans mode d’emploi
Ça s’est passé il y a quelques jours, au moment d’écrire ce message; et je suis certaine que ça t’est déjà arrivé.
Comme d’habitude, je me suis installée dans mon fauteuil de « Matin Magique » devant ma porte-patio, avec mon « e-carnet » qui me permet d’écrire à la main et de transformer mon texte manuscrit en police de caractères à la fin.
J’ai ouvert l’appareil et une fenêtre m’a indiqué qu’il y a une mise à jour à faire, et je l’ai acceptée, me disant : « Bon, aussi bien la faire maintenant, ça protège toujours nos appareils d’être à jour. »
Les minutes ont passé, puis j’ai pu enfin m’apprêter à écrire, mais soudain, une nouvelle fenêtre est apparue, pour une autre mise à jour. Avec un soupir, je l’ai acceptée.
Et là, les minutes se sont étirées, étirées, étirées, jusqu’à ne plus finir.
Pendant ce processus, mon téléphone a sonné et j’ai pris l’appel, car c’était une amie très chère à mon coeur.
Comme souvent, avec les amies de coeur, le temps doit prendre son temps… et, de toute façon la fameuse mise à jour n’était pas encore complétée.
Après un moment à discuter, j’entends tout à coup ma porte d’entrée s’ouvrir sur le retour plus tôt que prévu de mon mari parti à un rendez-vous.
Et là, j’éclate de rire en me disant que je n’étais vraiment pas dû pour écrire ce message ce jour-là; non vraiment pas.
J’ai même perçu une résistance. Non pas comme un blocage, mais plutôt comme si ce que je m’apprêtais à écrire n’était pas ce qui devait être écrit. En tous cas, ça ne voulait pas.
En y repensant aujourd’hui, je le sentais déjà de l’intérieur; comme s’il manquait une connexion à quelque chose, et que j’étais incapable de nommer.
Et j’avais bien raison, car, dès mon réveil le lendemain matin, un thème infiniment vivant est venu éclairer ce dont j’avais besoin, mais dans un tout autre message.
Une recette écrite à la main
As-tu déjà eu le plaisir de déguster une délicieuse recette ancienne de biscuits au gingembre faits maison?
Moi, ouiiiii!
J’ai eu ce délicieux privilège, il y a quelques jours, lorsqu’avec des créatives de ma communauté, nous nous sommes rencontrées, l’espace d’un temps, à deux pas de chez moi.
L’une d’entre elles nous avait cuisiné ces merveilles à partager, en disant : « Je ne sais pas si vous allez les aimer. C’est une recette de ma grand-mère, et il y a beaucoup de sucre dedans; ce n’est pas comme les recettes modernes. »
Après une bouchée, les yeux fermés et la bouche en extase, j’ai pensé… les grands-mères savaient faire les choses!
Évidemment, une fois sortie de ce plaisir gustatif et des souvenirs qu’il a déclenchés en moi, j’ai réclamé la recette, et je n’ai pas été la seule.
Et elle m’a été transmise en photo, écrite sur une feuille d’écolier avec minutie, pour ne pas perdre une miette de ce trésor de famille.
Recette sous les yeux, je me réjouissais déjà de cuisiner ces délices pour les faire découvrir à ma famille. J’ai lu la recette avec gourmandise, et soudain… une étape de la préparation m’a stoppé net.
« Ajouter à la crème »
Avec un grand point d’interrogation dans ma tête, je me suis alors dite à voix haute : « Comment ça « Ajouter à la crème » ? Il n’y a pas de crème dans la recette! »
Mystère et incompréhension.
J’ai immédiatement envoyé ma question à cette passeuse de tradition. La réponse m’a été retournée, aussi vite, avec de nombreux détails.
Vraisemblablement, la recette ne disait pas tout.
En fait, elle ne disait pas ce qui devait être su par l’expérience. Il fallait comprendre l’action derrière le fameux « Ajouter à la crème ».
Et c’est en lisant la réponse que quelque chose de surprenant m’est apparu.
Les recettes anciennes ne disent pas tout
Bien sûr fut un temps où les grands-mères du monde entier n’écrivaient pas leurs recettes, parce qu’elles n’avaient pas besoin de le faire ou qu’elles ne pouvaient pas le faire, car… elles savaient et elles transmettaient en direct.
Ensuite, elles ont commencé à prendre certaines notes ou peut-être leurs filles l’ont fait pour elles, comme des aide-mémoires avec des indices personnels et des « à peu près », pour les non-initiés qui en prenaient connaissance.
Le transfert du « savoir-faire » se faisait par observation et pratique, parce que les écrits n’étaient là que comme repères, et non comme un mode d’emploi.
Il fallait savoir lire entre les lignes, et se replacer dans le contexte d’autrefois pour saisir les subtilités de chaque recette.
Et c’est là que j’ai spontanément vu le lien avec ce que je vis dans l’expérience de la Création intuitive.
L’action derrière l’invitation
Quelle joie lorsque j’ai réalisé, en une fraction de seconde, que lorsque je m’installe à ma table de création pour une plongée créative avec Mon Carnet de Coeur, c’est exactement la même chose qui se passe.
Il y a des ingrédients : un thème proposé en trois parties pour permettre de choisir la combinaison souhaitée, puis des matériaux suggérés pour amorcer la création – un support, un format et des dimensions, un médium, un outil, un papier, une couleur… – Mais, absolument rien n’est à suivre à la lettre!
Ce ne sont que des pistes suggérées, des points d’entrée pour ouvrir les portes de la plongée créative.
La vraie création nait de ce que chacune perçoit « entre les lignes » comme action à poser pour la faire arriver dans la matière.
Et c’est dans cette « lecture intuitive » des éléments « suggérés » que l’on se met en action, pas à pas, geste après geste, sans savoir exactement ce qui va émerger de tout ça.
Savoir ce qui ne peut être expliqué
Que ce soit pour les recettes de nos grands-mères ou pour la Création intuitive, il y a un moment où il faut lire entre les lignes et deviner intuitivement le prochain geste à poser.
Il faut ressentir. Il faut peut-être même s’arrêter pour le faire; fermer les yeux, respirer, revenir à l’intérieur, revenir à son corps, et écouter, puis…
Oser poser un geste
Parce qu’à notre table de création, comme dans la cuisine de nos grands-mères, le savoir passe par le « faire », passe par l’action des mains dans la matière.
Et en arrivant à ce moment-ci de ma réflexion « culinaire et créative », je me suis dit :
Pour vrai, le chemin de l’amour de soi fonctionne de la mienne manière. Wow!
Apprendre à se faire confiance
Alors là, je dis oui, absolument… l’amour de soi n’est pas une méthode à appliquer, une recette à réussir point par point.
Il n’y a pas de mode d’emploi complet et, surtout, identique pour chacune de nous, comme nous n’avons pas la même grand-mère.
Par contre, il y a des repères, des notes prises sur une feuille d’écolier, des invitations, des espaces proposés pour l’expérimenter, mais…
Ensuite, chacune doit trouver sa façon de faire, son geste à poser, ses ingrédients à combiner, etc.
Exactement comme c’est écrit dans la recette ancienne de biscuits au gingembre : « Ajouter à la crème ».
Il faut savoir lire entre les lignes.
Former la pâte de sa propre vie
Bien sûr, ce « savoir faire » (des recettes anciennes, de la Création intuitive et de l’amour de soi), n’arrive pas en nous par un coup de baguette magique, comme notre monde de l’instantanéité nous le fait croire.
Ce « savoir faire » demande une pratique régulière pour s’intégrer progressivement.
Et dans cette intégration organique, à un moment donné, la pâte devient malléable, l’alchimie des ingrédients fait son effet.
Le travail des mains libère sa sagesse et garde en mémoire, petit à petit, ce qu’il faudra faire une prochaine fois.
L’amour de soi, tout comme ces délicieux biscuits au gingembre, se forme dans l’action intuitive, et non pas en suivant une recette parfaite, mais en apprenant à lire entre les lignes de sa propre vie.
ALLER PLUS LOIN – Lire entre les lignes
Aujourd’hui, je t’invite à vivre une plongée créative comme on aborde une recette ancienne; et c’est ce que je propose dans mon programme Mon Carnet du Coeur.
Voici les ingrédients :
Thème en trois parties : Accueillir – Transformer – Relier
Support : Une page de livre de format rectangulaire à la dimension de ton choix
Médium : Pastels gras à l’huile
Outil : 1 bâtonnet à brochettes
Couleur : Rose
Papier à intégrer : Vieille enveloppe
Et maintenant… voici les « instructions » : Crée.
C’est tout! Pas d’étapes. Pas d’ordre. Pas de méthode. Pas de technique.
- Observe : Par quoi ai-je envie de commencer? Qu’est-ce que je ressens devant cet espace? Quel geste me vient? Qu’est-ce que j’ose faire… sans être certaine? Laisse-toi guider par ce qui se passe entre les lignes.
- Une fois ta création terminée, prends un moment pour ressentir : Qu’est-ce que cette expérience m’a apprise sur ma manière d’agir quand tout n’est pas expliqué?
Parce que parfois… le véritable apprentissage de soi commence là où les instructions s’arrêtent
Ce que tu sais déjà sans savoir que tu le sais
Peut-être que ce qui nous intimide le plus, dans les recettes anciennes comme dans le chemin de l’amour de soi, ce n’est pas ce qui est écrit… c’est ce qui ne l’est pas.
Cet espace laissé volontairement vide. Cet endroit où personne ne peut nous dire exactement quoi faire. Là où il faut ressentir, deviner, essayer, ajuster.
Là où le geste ne vient plus d’une consigne, mais d’un savoir silencieux qui habite déjà nos mains, notre corps, notre vécu.
Et peut-être que tout le chemin est là.
Non pas apprendre à suivre parfaitement une recette…
Mais apprendre à faire confiance au moment où il faut « ajouter à la crème » de sa propre vie, même quand personne ne nous a expliqué comment.
Alors ce dont je parle ici n’est pas : Fais comme moi.
Mais plutôt : Fais confiance à ce que tu sais déjà sans savoir que tu le sais… puis agis.
Avec douceur et une confiance absolue en ta sagesse intérieure,
Louise


