Le coconnage : un sanctuaire pour redonner du sens à cette période si mal aimée

Le coconnage un sanctuaire pour redonner du sens à cette période si mal aimée
Le coconnage : un sanctuaire pour redonner du sens à cette période si mal aimée

(temps de lecture : 9 minutes)

Un sanctuaire pour redonner du sens à cette période mal aimée

Novembre, ici au Québec, est l’un des quatre mois de l’année les plus sombres; avec janvier et février, décembre remportant la palme.

Mais cette année, on dirait que ça nous est tombé dessus tout d’un coup; novembre ayant été très, très, très nuageux.

Peut-être que c’est moi qui le perçois ainsi, ou pas, mais, étant donné l’automne intense que j’ai vécu, je n’ai pas pu profiter de ma saison préférée comme je l’aurais souhaité. Je n’ai pas fait le plein d’énergie, de couleurs, d’odeurs, d’ambiances et de tout le reste.

Je me suis même surprise, il y a quelques semaines, à anticiper cette période où les nuages sont présents presque tous les jours, et je me suis dit : ben voyons, ce n’est pas moi ça!

Non! Moi, ce que j’aime à ce temps-ci, c’est le choix que je peux faire volontairement d’utiliser cette période pour vivre en coconnage; un espace-temps précieux, comme une façon aimante de faire une pause en moi, dans la douceur qu’invite la lumière qui diminue de jour en jour.

Ces mois de novembre et de décembre deviennent alors pour moi un moment propice pour m’envelopper encore plus de douceur, mais aussi pour poser le regard sur tout ce qu’il s’est passé au cours de mon année.

Le coconnage : un retour vers un lieu sacré

Depuis le début du 20ᵉ siècle, on nous a, de plus en plus, fait croire que nous n’avions pas besoin de suivre les cycles de la nature; que nous étions au-dessus ou hors de tout ça.

Du coup, nous avons désappris l’importance de chacun d’eux, ainsi que leurs impacts sur notre vie.

Pourtant, bien des maux nous font voir à quel point nous sommes liés aux cycles, et ne pas les écouter, représentent un cout énorme à payer; la dépression saisonnière en est un bon exemple, lorsque l’on veut continuer notre vie à toute allure.

C’est pour cette raison que l’idée du coconnage fait de plus en plus de sens, car il propose un mode de vie « temporaire », où le ralentissement vient de l’intention de respecter son énergie et son rythme du moment, son besoin de se créer une tanière – réelle ou symbolique – un nid douillet où la lumière douce dans la pénombre nous enveloppe et calme notre rejet de la noirceur.

L’idée d’un « cocon-sanctuaire » devient alors un bain matriciel protecteur, réchauffant, contenant, et, surtout, ouvrant l’oreille intérieure.

Et cette saison de « l’ombre » est un moment parfait pour habiter notre cocon, parce que la descente de la lumière se fait naturellement, les rythmes de la nature tombent en dormance, et le corps demande – supplie même – de faire cette pause.

Entre résistance et appel intérieur

Lorsque cette période de coconnage arrive, je le vois bien qu’elle suscite des résistances. Et c’est normal : on voudrait toutes et tous que la lumière persiste, que le rythme reste chaud et simple.

Pourtant, c’est justement dans cette tension entre le refus de la noirceur et l’appel du retour en soi que s’ouvre un moment charnière, et ça m’encourage à vivre cette période autrement.

C’est lorsque j’accepte cette sensibilité nouvelle – ce mouvement naturel vers l’intérieur – qu’émerge, chaque année, l’élan qui m’a menée à créer ma toute première séquence autour d’un mandala particulier, il y a de cela 7 ans déjà.

Une démarche qui m’invite d’abord à revisiter mon année, non pas en termes d’objectifs atteints ou de bilans, mais plutôt par ce que j’y ai créé, construit, vécu, et surtout… ressenti.

Une pratique qui me conduit inévitablement vers la reconnaissance pour tout ce qui s’est produit, incluant autant les choses difficiles que les moments lumineux.

Puis, de cette gratitude, s’embrase un grand feu de joie qui nait dans mon journal par mes mains créatives connectées à mon coeur.

Et ce n’est que de là, dans cette gratitude et cette joie, que tout à coup une émotion-guide se présente à moi, comme une étoile intérieure qui m’invite à la suivre toute l’année qui s’ouvrira, petit à petit, lorsque la nuit la plus longue du solstice d’hiver sera passée.

Cette étoile qui se présente à moi, comme un ressenti qui me guidera, c’est elle qui me choisit, mais seulement à partir du moment où je suis capable de dire merci et de craquer l’allumette de la joie.

Voilà comment, du fond de ma tanière saisonnière, un nouveau Mandala Visio-Senti transforme ma vie : il me fait voir – le Visio – au-delà de mes peurs, de mes doutes et de mes angoisses. Et grâce à l’émotion-guide que j’accepte de ressentir – le Senti – il devient une boussole vivante de mon cœur pour l’année qui vient.

Le coconnage en fin de cycle : un sanctuaire entre-deux

Bien sûr, on peut faire du coconnage à n’importe quel moment de l’année! Un ermite vous le dirait très certainement.

Par contre, celui que l’on expérimente en cette période de transition entre l’ombre et la lumière est un entre-deux naturel où l’ancien se referme et où le nouveau se prépare.

Ce n’est pas le calendrier qui l’orchestre : c’est le mouvement naturel de la Terre autour du soleil. Toute la nature vit au rythme de cette révolution… et nous en faisons profondément partie.

En cette période unique, accepter ce qui se joue à l’intérieur, c’est la descente vers notre profondeur, la digestion intérieure de tout ce que nous avons vécu, la gratitude et le relâchement. C’est aussi l’écoute qui s’affine dans le silence qui devient un écho doux de notre essence profonde.

J’adore cet instant où tout devient sensation. Les petits détails – douloureux ou non – perdent leur emprise. Ce qui compte vraiment, c’est cette impression d’être dans une couveuse intérieure, attentive à ce qui fut, à ce qui vient et à ce qui s’apprête à éclore, tout en laissant le reste se composter doucement pour enrichir toute mon expérience.

Honorer et déposer l’ancien

On le sait : notre mémoire oublie, trie, sélectionne. Et les neurosciences nous rappellent que notre cerveau remarque d’abord ce qui cloche, ce qui est lourd, ce qui fait mal. Beaucoup s’arrêtent là, et c’est bien dommage.

C’est dommage parce que, avec un peu de conscience et d’énergie, on peut commencer à voir ce positif qui émerge de ce que l’on a perçu comme négatif au départ. Et ça, tout le monde en est capable.

De là, reconnaitre les enseignements de la situation devient alors possible. Mais… je ne dis pas que c’est facile.

Parce que ça prend du courage, de la détermination et l’intention d’ouvrir son regard, pour « voir » autrement.

Mais quand on prend ce chemin, inévitablement, à un moment donné, on arrive à la gratitude. Et cette gratitude nous ouvre à laisser aller l’ancien pour accueillir le nouveau.
Cette gratitude est le pont entre les deux.

C’est pour cela que, même si tu ne fais pas la démarche du Mandala Visio-Senti, tu peux revisiter ton année avec douceur et ouvrir ton espace intérieur à la gratitude

ALLER PLUS LOIN – Revisiter, remercier, laisser émerger

Il y a un moment, à la fin de l’année, où tout ralentit. Un moment où l’on sent qu’on ne peut plus avancer sans d’abord revenir à soi, revisiter ce qui a été vécu, laisser notre corps et notre coeur nous raconter l’année autrement.

Je te propose doucement d’entrer dans ton cocon intérieur : celui où tu honores ce qui a été, et où tu prépares la terre intérieure pour laisser émerger ce qui vient.

Voici comment t’y retrouver :

1. Ouvre ton sanctuaire – Installe-toi dans un espace calme, chaleureux, un endroit que tu choisis comme ton cocon du moment. Allume une bougie, puis pose tes mains sur ton cœur. Respire doucement et profondément. Laisse ton corps se détendre.

2. Revisite ton année avec ton corps, pas avec ta tête – Prends tes Carnets, ton journal, tes créations, etc. Laisse ton regard se promener sans chercher quoi que ce soit. Ne fouille pas : laisse-toi être trouvée. Note ou marque simplement les pages, mots, dessins ou moments qui te font réagir : un petit frisson, un sourire, un pincement, une chaleur dans le ventre, une couleur qui attire, une phrase qui revient. Tu n’as pas à comprendre, seulement ressentir.

3. Assemble tes traces – Sur une page de gauche dans ton journal ou sur une feuille libre, dessine, écris quelques mots, fais un collage, trace un mouvement ou place simplement des couleurs pour rassembler les moments marquants de ton année. Ça ne doit pas être beau ni parfait, juste vrai, senti.

4. Écris une lettre de gratitude – Sur la page de droite, écris une courte lettre qui commence par « Merci pour… » et laisse les phrases sortir. Remercie l’année pour ce qu’elle t’a appris, donné, retiré, ouvert. Laisse la gratitude tisser quelque chose de doux, même pour les passages plus lourds.

5. Laisse une émotion venir à ta rencontre – Respire profondément. Regarde attentivement tes pages. Puis demande toi doucement : « Quelle émotion veut marcher avec moi dans l’année qui vient? » Ne choisis pas. Laisse-toi choisir. Parfois l’émotion arrive comme un mot, parfois comme une couleur, parfois comme une sensation dans le corps, parfois comme une image. Accueille ce qui vient, même si c’est inattendu. Note-la, dessine-la ou écris comment elle se présente.

6. Fais-lui une place – Quelque part sur tes pages, trace un symbole, une forme, une couleur, quelque chose qui représente cette émotion-guide. Ce sera ton fil conducteur, ton éclat intérieur pour ce qui vient.

Quand tu refermeras ces pages, quelque chose en toi s’est déjà mis en mouvement. Ton année passée aura été vue, reconnue, et ton cœur aura été entendu.

L’émotion qui s’est avancée – que tu l’aies comprise ou non – a déjà commencé à tisser ses fils dans ton intérieur. Fais confiance. Ce qui germe maintenant – dans le silence, la douceur, l’authentique – est déjà une lumière en expansion

Solstice d’hiver : de la nuit à la lumière

Alors donc, cette période de l’année, si mal aimée, est en fait un pivot naturel entre fin et début.

Et dans cet espace sombre, nuageux, au coeur de la nuit la plus dense de l’année, la magie opère; celle de la lumière qui recommence à croitre.

Ça reflète exactement notre processus intérieur, car peu importe ce que l’on a vécu cette année, il y a ce point de bascule qui arrive toujours d’une façon ou d’une autre à un moment donné, lorsque l’on y est ouvert.

J’adore ce moment, où du fond de mon cocon, installée à ma table de création, le solstice créatif de mon Mandala Visio-Senti apparait, se ressent, se vit.

C’est un moment béni tout à coup : me recueillir, écouter avec le coeur et avec les mains, me permet de pressentir la venue d’une nouvelle émotion-guide à ressentir et à vivre pour l’année à venir.

Laisser germer

Arrivée à cette étape, quelque chose de particulier se produit toujours : lorsque je me mets en posture d’écoute, dans la douceur du cocon, une émotion inattendue commence à se présenter.

Bien sûr le mental veut absolument nous faire croire qu’on a besoin de calme, de joie ou de renouveau… Et on y croit!

Mais le coeur, lui, laisse monter exactement ce dont nous avons réellement besoin, mais, pour ça, il faut habiter sa tanière, faire silence, écouter ce murmure intérieur.

Et je t’assure, à ce moment précis, ce qui monte est surprenant, presque magique. Tout ça n’est possible que si on lâche la nécessité de chercher, de forcer, de décider, parce que ça, c’est la tête qui dicte ça.

Laisser venir, laisser monter, du fond de la douceur du coconnage que l’on s’offre, prépare la disponibilité intérieure à se laisser choisir par ce guide précieux du coeur.

Une pratique universelle

Pour moi, le Mandala Visio-Senti reste un chemin précieux d’amour de moi – une tradition personnelle que je chéris chaque année. Et je sais aussi que ce n’est pas la démarche de tout le monde, et tout est parfait!

Par contre, avec ou sans mandala, le coconnage en lui-même est un geste d’amour, qui s’accomplit par la création volontaire de son sanctuaire en cette période de transition de l’année.

Mais comment y arriver?

La première chose est de reconnaitre que tu as ce pouvoir sur ton propre bienêtre : ralentir, t’offrir des douceurs quotidiennes, contempler, activer tes mains créatives, te bercer, t’envelopper… Ces gestes simples construisent déjà ton cocon intérieur.

Ce qu’il est important de saisir, c’est que tu n’as pas besoin de créer un mandala pour vivre un coconnage nourrissant. Mais…

Un coconnage conscient peut préparer magnifiquement bien l’arrivée de toute la démarche proposée par le Mandala Visio-Senti.

La saison la plus sombre comme celle qui nourrit le plus la vie

Comme tu peux voir, novembre et décembre ne sont pas nécessairement une période moche, mais un temps d’amour de soi précieux.

Lorsqu’on le voit comme un cycle authentique de la vie, de la nature, de la Terre, on le voit comme un cadeau.

Je ne suis pas là pour convaincre qui que ce soit du coconnage ou du mandala. Je suis simplement là pour exprimer la voie qui m’habite, et pour accueillir à cœur ouvert celles qui souhaitent marcher ce chemin avec moi.

Peu importe ce que tu choisis pour toi , je te souhaite – je nous souhaite – un solstice d’hiver lumineux au coeur de la nuit la plus sombre, empreint d’ouverture à soi et de douceurs bien installées au centre de notre cocon d’amour.

Avec tendresse et douceur,

Louise

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