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Comprendre ne suffit pas pour faire l’expérience de soi
Dans mes réflexions des derniers temps, j’ai pris conscience que je suis, depuis toujours, une personne qui aime comprendre; les choses, les manières de faire, les humains, etc.
Je te le racontais dans un précédent envoi – L’arrière-boutique : un espace vital pour se retrouver -, lorsque je te disais, étant enfant, aimer m’isoler dans ma chambre et démonter des objets pour comprendre leur fonctionnement.
Je n’étais satisfaite que lorsque j’avais compris ce qu’il y avait « derrière » ce qui m’intéressait.
Ça me donnait l’impression que je pouvais passer à la prochaine exploration qui m’amènerait à « comprendre » un nouvel élément piqué par ma curiosité.
Maintenant on n’a plus vraiment besoin de démonter soi-même quelque chose pour en saisir le fonctionnement. Tout est au bout d’une connexion internet, et à profusion en plus; je dirais même à saturation.
Je sais. Je sais. Bien souvent, ça peut être très utile, mais…
Qu’en est-il lorsqu’il est question de s’écouter, de ralentir, de prendre soin de soi?
Dans ces situations, je suis certaine que, tout comme moi, tu as saisi parfaitement les enjeux et les raisons qui font qu’il est bénéfique pour soi d’agir ainsi.
Et pourtant, ici, le « comprendre » ne suffit pas à transformer notre manière d’être; on a juste à penser aux résolutions de début d’année : on comprend qu’on a besoin de changer des choses, mais le comprendre, la plupart du temps, ce n’est pas assez!
Mais alors, si comprendre ne suffit pas… qu’est-ce qui nous permet d’aller plus loin – sans nous forcer davantage?
Ce que l’expérience fait que « comprendre » ne peut pas faire
Sans m’en rendre compte, démonter le petit bibelot avec des animaux en verre soufflé posés sur un délicat miroir, lorsque j’étais enfant, me rassurait en confirmant mes observations.
Plus tard, j’ai pu voir à quel point « comprendre » me donnait un sentiment de contrôle intérieur – et c’est normal que ça fasse ça.
Mais au-delà du fait d’être rassurée et d’avoir un sentiment de contrôle, j’ai un moment donné compris par l’expérience de la Création intuitive, qu’elle me faisait quitter la tête pour entrer dans la matière; qu’elle me mettait à nu.
Et donc, « l’expérience » par opposition à « comprendre » nous fait rencontrer ce qui est là, sans détour.
C’est comme si tout à coup, ce que dit la locataire d’en haut, celle qui habite au-dessus des épaules et qui a toujours besoin de comprendre, eh bien, on ne s’en occupe plus. Et par l’expérience, par ce qui se passe dans le corps et dans les sens, ça la neutralise.
C’est exactement à cet endroit que peut se « vivre» la Création intuitive.
Un espace à habiter, non pas une méthode à réussir
J’aimerais maintenant clarifier ce qu’est pour moi la Création intuitive ou ce qu’elle n’est pas.
Tout d’abord, elle n’est pas une technique à maitriser, et surtout pas un concept à saisir, à « comprendre ».
Oui, il y a bel et bien une méthode derrière la Création intuitive, ainsi que des fondements. Elle n’est toutefois pas là pour nous inciter à viser la performance, l’esthétisme ou encore à activer la « bonne élève ».
La Création intuitive est un espace d’expérimentation où l’on accepte de ne pas savoir à l’avance ce qui va se passer avec les matériaux, avec nos réactions et nos sensations.
C’est un lieu où l’on cesse de vouloir bien faire pour entrer en soi, dans un moment de flow.
Et dans cet espace, quelque chose de très particulier se produit…
S’oublier… et se retrouver
Depuis plus de 12 ans maintenant que je fais des recherches, que j’expérimente et que je partage sur la créativité, sa pratique, ses bienfaits, ses défis, et plus encore.
En cours de route, tout à coup, la « créativité » est clairement devenue la « Création intuitive ».
Parce qu’à un moment donné, je ne me suis plus installée à ma table de création pour réaliser des « œuvres » par des techniques artistiques à peaufiner.
Et là, la Création intuitive c’est dévoilée parce que j’ai lâché le « faire de l’esthétisme » pour me laisser entrer dans un espace d’oubli de moi, vécu comme un retour à mon essence, à ma nature profonde.
Cette expérience optimale – ce flow – j’ai réalisé – avec émotion – que ce n’est pas quand je « comprends » que je suis alignée à qui je suis, mais plutôt lorsque j’accepte de ne pas comprendre.
Cet oubli de soi, dans cet espace consenti, est un vrai retour vers soi, et surtout pas, une fuite.
Et pourtant… il m’arrive encore de vouloir comprendre trop vite, de chercher à saisir avant même d’avoir ressenti.
Et quand ça l’arrive, je sens que quelque chose dans mon corps se referme un peu.
Alors, je reviens doucement à ma respiration, à mes mains, à la matière.
« Elle » n’a pas besoin de comprendre
Dans toute cette démarche, depuis longtemps entreprise, s’est réveillée cette part de moi qui n’avait de cesse d’offrir sa curiosité aux possibles que je plaçais devant elle.
Cette part vivante en moi – qui habite chacun de nous depuis toujours – que je nomme affectueusement Ma Petite créative intérieure, elle, elle n’a pas besoin de comprendre.
Son besoin est celui d’espace, de sécurité, de permission… et ça, ce n’est possible que grâce l’adulte bienveillant en nous.
Et dès que nous installons les conditions favorables pour elle, nos mains se mettent en mouvement, activent leurs énergies du dedans, libèrent leur sagesse en devenant un pont entre l’intérieur et l’extérieur, entre notre Petite Créative et la matière.
Et là, tout à coup, sous nos yeux, la matière révèle ce qui est prêt à se dévoiler à notre regard.
C’est exactement à cet instant que la posture intérieure devient déterminante.
Du contrôle à l’accueil
Dans cet instant où la matière « nous » révèle à nous-mêmes, un changement de posture se vit comme un passage.
Oui!
- Un passage de la posture de contrôle à celle de l’écoute; écoute du corps, des émotions, des sens…
- Un passage de la posture d’exigence à celle de la curiosité; que se passerait-il si je colle cet élément ici, ou si je déchire ce bout ou si je recouvre cette couleur…
- Un passage de la posture de jugement à celle d’accueil; tout à coup, nos yeux s’écarquillent et notre bouche fait… oooh!
Ce passage est subtil et il ne se voit pas de l’extérieur. Il se ressent tout doucement lorsque l’on cesse d’essayer.
Par contre, pour celles qui consentent à plonger « sans savoir », ce changement de posture est immense, il est de l’ordre du point de bascule.
Et lorsqu’il arrive, je t’assure, la création concrète qu’on a sous les yeux, ne reste plus à notre table de Création… elle entre dans notre vie.
La création intuitive ouvre un mode de vie
C’est à travers toutes ces expériences de Création intuitive, que j’ai réalisé que ce qui se passait à ma table de création se poursuivait dans ma vie courante, qu’il y avait une extension du processus qui continuait de m’habiter.
À partir de là, j’ai pu tirer une seule conclusion : la matière nous enseigne partout et en tout temps!
Puis, au cœur de tout ça, il n’y a qu’un seul prétexte :
FAIRE L’EXPÉRIENCE DE SOI
Et c’est là que quelque chose s’ouvre…
Ce que ces plongées créatives et cette façon de vivre me proposent, c’est de me rencontrer, sans chichi, sans filtre, sans rôle à jouer.
Me rencontrer dans la simplicité de l’instant… oui. Un grand OUI!
Parce que, lorsque l’on cesse de vouloir comprendre, on arrive exactement au centre de ce que l’on a besoin d’être.
Comprendre ne suffit pas. Vivre l’expérience de soi… transforme.
ALLER PLUS LOIN – Habiter ses mains
Je t’invite à vivre cette expérience sans attente, sans objectif à atteindre. Juste pour voir ce qui se passe quand tu arrêtes d’essayer.
1. Revenir dans ton corps – Avant de commencer, dépose les deux pieds au sol et sens le poids de ton corps. Laisse tes épaules descendre et ferme les yeux. Prends 3 grandes respirations lentes, puis amène doucement ton attention dans tes mains. Sens-les de l’intérieur : Sont-elles chaudes? Froides? Tendues? Vivantes? Fatiguées? Ne cherche pas à analyser… juste à sentir.
2. Tracer la présence – Dans ton Carnet, trace simplement le contour de tes deux mains. Attention : rien de parfait, rien d’artistique. Juste le contour. Regarde-les un instant… ces mains qui font et qui créent, qui portent, qui donnent, qui retiennent parfois. Puis pose-toi doucement cette question : Qu’est-ce qui est vivant en moi, en ce moment?
3. Remplir de l’intérieur – À l’intérieur de tes mains tracées, laisse apparaitre ce « vivant » qui est là. Pas avec la tête, mais avec le geste. Tu peux : ajouter des couleurs, tracer des lignes, créer des formes, coller des images, écrire quelques mots, superposer des textures. Laisse tes mains remplir les mains. Si c’est brouillon, c’est parfait. Si c’est simple, c’est parfait. Si c’est intense, c’est parfait. Ne cherche pas à comprendre ce qui sort. Reste avec la sensation pendant que tu crées.
4. S’arrêter et ressentir – Quand tu sens que c’est suffisant, arrête et regarde tes mains devant toi dans ton Carnet, puis remarque : Comment est mon corps maintenant? Ma respiration? Mon espace intérieur? Qu’est-ce que ça me fait d’avoir laissé une forme visible à ce qui était invisible?
5. Intégrer – Peut-être que tu ne comprendras rien ou peut-être que tu voudras analyser. Résiste doucement. Ce n’est pas un exercice d’interprétation, c’est une rencontre. Une façon d’avoir laissé ton monde intérieur passer par la matière. Et ça… c’est déjà immense.
Par cette expérience sensorielle créative, tu viens de te rencontrer autrement… et ça, aucune compréhension ne peut le remplacer.
L’envie d’explorer
Je te raconte tout ça simplement parce que la Création intuitive a changé ma posture intérieure. Elle m’a appris à descendre en moi par mes mains, à écouter ma Petite Créative intérieure, à faire confiance à la sagesse de mon corps quand ma tête s’agite.
Et si quelque chose en toi résonne … si tu sens l’envie d’explorer sans pression, sans performance, sans obligation de comprendre…
Je t’invite simplement à commencer ICI par L’Expérience – Mon Carnet du Cœur.
Non pas pour apprendre, et surtout pas pour bien faire. Juste pour vivre l’expérience de toi-même.
Et si ce n’est pas le bon moment, tout est parfait. Il n’y a rien à rattraper. La Création intuitive ne se force pas.
Je te souhaite cette rencontre avec douceur, avec curiosité, avec amour de toi.
Je t’embrasse,
Louise


