Créer intuitivement, c’est se relier à un tempo, à un battement intérieur, oublié. Celui du corps, celui du cœur, celui du rythme des mains.
Dans notre monde qui pense vite, qui bouge vite, nos mains savent encore la lenteur; elles ont cette sagesse. Elles savent le silence, la répétition, l’attention. Elles savent aussi le tremblement, l’élan soudain, le geste spontané.
Quand on leur donne la permission d’exister sans attente, les mains deviennent le langage du coeur et de l’âme.
Elles traduisent ce qui ne peut pas se dire autrement. Elles nous permettent d’exprimer ce qui est trop vaste, trop subtil ou trop enfoui.
Et souvent, elles nous surprennent. Parce qu’elles savent quelque chose de nous que notre mental ne voit pas encore. On dit que le coeur à une intelligence, et, je crois que les mains aussi.
Créer ainsi, c’est se remettre au diapason d’un rythme intérieur. Un rythme qui n’est pas linéaire. Qui peut être lent ou rapide. Régulier ou chaotique.
Mais dans un rythme des mains qui est toujours juste. Parce qu’il vient du coeur, de soi, de notre âme.
ALLER PLUS LOIN — Suivre le rythme de tes mains
Aujourd’hui, je t’invite à laisser tes mains te guider, sans plan, sans projet. Juste pour écouter leur musique intérieure; ce rythme des mains, les tiennes.
Installe ton espace, choisis quelques matériaux simples (papiers, craies, pastels, tissus, ficelle…).
Maintenant, prends un moment pour respirer et revenir vers ton intérieur, puis demande-toi doucement : « Quel est le rythme de mes mains aujourd’hui? »
Puis, écoute : Ont-elles envie de douceur ou d’intensité? De tracer, de coller, de déchirer? De répéter ou d’explorer?
Laisse-les te montrer le chemin. Même si tu ne comprends pas ou même si ça ne fait pas de sens.
Et si tu remarques que ton mental – ta Folle-du-logis – veut prendre le dessus, reviens dans ton corps et respire… puis reviens à tes mains.
Et souviens-toi toujours : elles savent!
La simplicité des gestes minuscules au rythme des mains
Dans mes Carnets, il y a des moments où je ne fais presque rien : un frottement, un « petit » collage, un motif répété des dizaines de fois.
Et pourtant, ce sont parfois ces gestes minuscules qui m’apaisent le plus; dans ce rythme des mains.
Parce qu’ils ne servent à rien.
Parce qu’ils ne cherchent rien.
Parce qu’ils sont là, juste pour honorer le rythme de l’instant.
Et ce rythme-là est sacré, car il passe par la sagesse des mains dans le rythme du vivant.
Je t’invite à écouter tes mains, comme on écoute une chanson familière qu’on aurait oubliée.
Et rappelle-toi aussi qu’elles sont là pour te permette d’activer un pont de libération, par la création, de ce qu’il y a l’intérieur de toi, alors laisse-les te guider.
Avec une infinie tendresse,
Louise


