(temps de lecture : 8 minutes)
Choisir la lumière et l’amour de soi plutôt que la réaction
Lorsque je me suis déposée pour laisser monter ce dont j’avais envie de partager avec toi aujourd’hui, j’ai tout de suite pensé à mon histoire avec l’oeuf brun dont je me suis inspirée pour l’introduction dans ma séance de mon programme RéCréation en Choeur, il y a quelques jours.
Une belle synchronicité qui s’est présentée à moi, lorsque j’ai fait mon épicerie la semaine dernière.
Mais… la vie m’a invitée à revoir mon inspiration, et à plutôt partager un moment dense que je vis en ce moment et qui est né – très certainement – d’un « mal-entendu ».
Et je t’en parle parce que je crois que c’est de là, très souvent, dans ces zones de flous relationnels où les mots peuvent blesser, que se révèle notre plus grande leçon d’amour; et l’amour de soi, comme tu sais, est mon sujet de prédilection.
Quand le fil de la relation vacille
Dans la situation hors de l’ordinaire que nous vivons, ma famille et moi, pour soutenir ma mère dans son rétablissement, voilà qu’après plusieurs semaines intenses, malheureusement, mais c’est normal, la fatigue s’installe, les tensions entre les membres de la famille se révèlent et certaines incompréhensions émergent.
Et ce que j’observe dans cette évolution relationnelle, c’est que nous nous dévoilons dans nos vulnérabilités, bien sûr, mais aussi dans nos blessures personnelles.
Et je ne dis pas ça pour juger – ni les autres ni moi. Cette observation, je la fais en toute lucidité, mais avec beaucoup de douceur. Appelons un chat, un chat.
Parfois, comme c’est arrivé au cours de la semaine dernière, le dialogue est chaud, mais les esprits sont ouverts et le fil de la relation se poursuit plus fort et plus aimant, par la suite.
Par contre, et cela m’est arrivé aussi, malheureusement, le ton monte, l’émotion prend le dessus, le fil se casse et la douleur s’installe en prenant le contrôle des réactions à venir.
Dans cette situation, lorsque le fil de la relation a disparu – ou qu’il m’a semblé disparaitre – j’ai senti ma lumière vaciller.
Un vacillement qui d’un seul mot ou d’une seule phrase dite dans le feu du moment a éteint ou réduit en cendre ce que je construis en moi depuis tant d’années.
Avec le recul, j’y vois pourtant une bonne nouvelle : c’était juste une impression. Fiou!
La lumière ne s’éteint pas. C’est moi qui l’ai perçue comme ça.
Cette lumière attendait simplement que je la rejoigne à nouveau, autrement que dans ma posture de « blessée » ou même de « victime ».
Revenir en son centre : le silence conscient
Comme pour tous genres de situations similaires, ça l’a été tout un chemin intérieur pour arriver à percevoir tout ça.
Et, le lendemain matin, je me suis levée avec l’intention de parler à nouveau à cette personne au cours de la journée, pour clarifier les choses et rétablir le fil de notre relation.
Pourtant, ça s’est passé autrement, car avant même que je n’aie fini de faire ma toilette du matin, j’ai reçu un message qui m’a fait comprendre que l’autre, à ce stade, était toujours fermé.
Sur le coup, j’ai été à nouveau ébranlé et envahi émotivement.
J’ai alors pris le temps de partager avec une personne de confiance ce que je vivais, pour décharger le trop-plein. Puis, mon processus intérieur, c’est remis en marche de manière très fluide.
Je me suis déposée en m’assoyant sur ma terrasse en compagnie des feuilles d’automne qui, en cette période, s’accumulent au sol. Et, petit à petit, le calme et le silence sont revenus en moi; une dose de douceur pour l’amour de moi.
Dans cet instant de tranquillité est monté ce besoin de me respecter, en accueillant mon désir de me taire face à cette situation, non pas par fermeture, mais par amour de soi; pour me préserver.
Et ce silence, je ne le veux pas et je ne le vois pas comme un mur, mais comme un espace de paix où je peux revenir et m’y retrouver.
Et c’est dans cet espace de douceur que j’ai pu – à cet instant – saisir, dans toute sa puissance, que ce que l’autre me renvoie ne définit pas ma lumière.
Cette prise de conscience me confirme encore plus le choix que je fais de rester dans ma vérité, sans la défendre; parce que cette vérité va bien émerger d’une façon ou d’une autre.
Et voilà que, dans ce calme retrouvé, ma perspective a complètement changé. L’autre n’est plus un agresseur : il est devenu un messager de mes propres zones encore sensibles.
Quand l’autodérision transforme la blessure
Et donc, lorsque cette personne m’a relancé, dès mon réveil, en m’écrivant :
« Je te souhaite une bonne journée Louise, ce que je vois c’est que tu as encore beaucoup de chemin à faire pour être bien avec toi et les gens qui t’entourent. »
Je sais que ces mots viennent probablement d’une blessure, d’une fatigue ou d’une impuissance à dire autrement ce qui est ressenti.
Et c’est OK, ça nous arrive à toutes.
Mais entre toi et moi, je vais te dire, ici au Québec, on appelle ce genre de phrase un « complimarde » – un mot bien de chez nous, né de la fusion entre « compliment » et « marde ». Oui, oui! (avec un « a » pour faire plus québécois.)
Et tu sais quoi?
Quand j’ai compris que c’était ce genre de message, j’ai enfin réussi à en rire, et j’ai su que quelque chose venait de changer en moi face à cette situation. La douleur se transformait en tendresse et en amour de soi en un sentiment doux et apaisant que je ressentais pour moi-même.
À partir de ce rire, ce n’était plus une attaque à gérer, mais plutôt une occasion de rester alignée.
Et c’est dans cette nouvelle compréhension par l’autodérision, que j’ai saisie pleinement, que le pouvoir de guérison avait commencé, parce que j’ai cessé de me défendre et de vouloir m’expliquer.
Cette compréhension est devenue un cadeau; un présent d’amour de soi.
Celui qui veut que, quand on rit un peu, qu’on respire et qu’on choisit l’amour de soi, plutôt que de réagir, l’autodérision devienne de « l’auto-guérison ». Et c’est ce qui s’est passé pour moi dans cette situation.
De la blessure à la lumière
Puis, concrètement, je me suis mise dans l’esprit de la Création intuitive, et je me suis demandé :
Qu’est-ce que je peux faire à ma table de création pour reprendre confiance en moi et connecter avec ma lumière?
L’intuition est montée. Je me suis mise à écrire ce message – ce « complimarde » – sur une feuille, puis je l’ai déchirée, en toute conscience, et j’ai collé les morceaux dans mon journal, afin d’en faire un fond, sur lequel j’ai choisi d’y écrire des mots doux, des mots tendres, puis d’y appliquer des couleurs lumineuses et empreintes d’amour.
Je suis restée là, jusqu’à ce que je sente, que l’alchimie de la Création intuitive faisait son œuvre en moi.
Tout à coup, j’y ai vu comme les traces d’un passage, mais aussi une prière intérieure de gratitude de ce changement de point de vue.
Et c’est dans ce nouvel état que la blessure a cessé d’être un mur intérieur : elle est devenue plutôt un passage vers plus d’amour de moi.
ALLER PLUS LOIN — Retrouver sa Lumière par la Création intuitive
Lorsqu’une relation devient tendue, que les mots dépassent les cœurs ou que le silence de l’autre fait écho à nos blessures, nous avons souvent le réflexe de vouloir réparer, expliquer, convaincre.
Et si, cette fois, tu choisissais plutôt de revenir à toi, non pas pour fuir, mais pour te retrouver?
La Création intuitive t’offre cet espace bienveillant où tu peux transformer ce qui pèse en ce qui apaise et redonner à ton cœur la permission de respirer.
Voici ce que je te propose :
- Se déposer dans l’émotion– Commence par t’installer dans un endroit calme, avec peut-être une bougie symbolisant la lumière. Respire calmement. Avant même de créer, accueille ton état intérieur: Où est-ce que ça se situe dans mon corps? Quelle couleur aurait cette émotion? Dans ton journal, note une ou deux phrases qui traduisent ton ressenti du moment, sans analyser. Laisse-toi juste « être » et ressentir.
- Offrir une forme à ce qui blesse– Choisis une matière malléable, comme de l’argile ou de la pâte à modeler. Façonne avec tes mains la forme de ce que tu ressens: un poids, une barrière, une pierre, peu importe. Ce geste te permet de sortir l’émotion du corps pour la déposer dans la matière. Puis, observe-la. Sans jugement et demande-lui : Que veux-tu me dire? De quoi as-tu besoin? Écris dans ton journal.
- Créer le passage vers toi– Sur une nouvelle page de ton journal, fais émerger ton espace de paix. Utilise des couleurs, des textures ou des éléments naturels (feuilles, fleurs, graines, écorces, etc.) pour représenter ce qui te relit à toi, à la vie, à ton cœur. Si tu veux, inscris au centre une phrase d’amour envers toi-même. Par exemple : Je suis un espace de lumière. Je me choisis, même quand l’autre ne comprend pas. Je me laisse respirer.
- Le geste du choix– Pour symboliser ton engagement à te choisir, fais un dernier geste conscient : écris ton prénom en grand, ajoute une empreinte de doigt ou de main, une touche de lumière ou colle un cœur découpé sur ta page dorée pour représenter la lumière. Ce geste est une promesse silencieuse envers toi-même. Il dit : Je me choisis maintenant. Je choisis la douceur plutôt que la lutte.
- Observe et honore – Lorsque tu auras terminé, prends un moment pour contempler ta création. Elle ne parle pas de l’autre, elle parle de ton retour à toi. Respire profondément, dépose ta main sur ton cœur et sens la paix se réinstaller.
Tu viens d’accomplir un retour vers toi sacré : celui de ramener la lumière à l’intérieur de toi, quand le monde extérieur s’assombrit. Et dans ce simple geste, tu as choisi à nouveau l’amour de toi.
L’amour de soi, encore et toujours
Bien sûr que, dans cette situation, il y a des choses que j’aurais pu faire ou dire autrement, ainsi que sur un autre ton, mais à ce moment, ce n’était pas possible pour moi. Et je le reconnais avec humilité.
Je ne suis pas parfaite, loin de là. Je suis une humaine qui vit une brochette d’émotions humaines à travers mon prisme de blessures et de croyances ET dans une situation hors de l’ordinaire.
Cette expérience – et elle n’est pas la première et ne sera probablement pas la dernière – me fait voir et comprendre que l’amour de soi, ce n’est pas NE PLUS être blessé. Absolument pas!
C’est plutôt choisir, encore et encore, de se relever, même dans la douleur, de laisser la lumière reprendre sa place au centre de soi.
Je ne dis pas que c’est facile. Et même si je fais ce choix du silence conscient pour me préserver, l’autre, en attendant, continuer à s’agiter dans tous les sens, et cherche d’autres façons de m’atteindre… mais ça, je n’y peux rien, ça ne m’appartient pas.
Et puis, comme à mon habitude – dans tout ce que j’écris et ce que je dis – je ne suis pas là pour te convaincre, et je sais que parfois la souffrance peut obscurcir notre ciel intérieur avant de pouvoir apercevoir une éclaircie d’où reconnaitre la Lumière.
Je suis là, en toute simplicité, pour partager mes expériences humaines et ma lumière – souvent vacillante, mais toujours là – et accueillir les femmes qui sont prêtes à explorer ce chemin d’amour de soi par la voix/voie de la Création intuitive.
Et si tu n’es pas encore prête pour ce pas, je te rassure : tout va bien.
Peu importe le choix que tu fais , il se peut que tu traverses toi aussi une relation difficile, mais souviens-toi : tu n’as pas à prouver ta lumière. Elle est déjà là, même quand l’autre – ou toi-même – ne peut pas la voir.
Et si, comme moi, tu choisis de te préserver par amour pour toi, sentant que ce n’est pas le temps de rouvrir le dialogue, tout est parfait. Chaque chose en son temps.
Avec toute ma confiance en nos sagesses du coeur,
Louise


