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Cet article contient… une valise intérieure, un matin devenu rose et des traces qui n’ont pas besoin de devenir des réponses.
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Une question restée avec moi
En écrivant dans mon message précédent que je revenais d’un voyage sans être partie, une question est restée en suspens en moi…
Qu’est-ce qu’on rapporte avec soi d’un voyage intérieur?
Question très intéressante. Surtout lorsque je pense à ce que j’ai rapporté de mes voyages en France au cours des années précédentes.
Des photos, des tonnes de photos. Une plume d’écriture en verre reçue en cadeau. Une tasse avec un chat peint dessus. Une blouse fleurie rose fuchsia.
Et bien d’autres souvenirs que j’ai pu montrer ou installer dans mon espace de vie.
Mais là, avec ce voyage intérieur que j’ai fait cet été, je me demande…
Est-ce que je suis revenue avec les mains vides?
Ce qui reste ne se voit pas toujours
Interpelée par ces questions, je me suis mise à chercher ce que j’avais bien pu rapporter de ce voyage imprévu.
Au début, il me semblait que je ne trouvais rien. Et pourtant, à un moment donné, un mot est venu m’éclairer : fréquenter.
Oui! Ce mot a rempli mes journées tout l’été. Puis, à partir de là, tout s’est enchainé.
Il y a eu aussi « entrer en relation » et très certainement ce fameux « habiter le vivant ».
C’était comme si, en y pensant, j’ouvrais une valise intérieure et que ces mots, ces phrases se présentaient comme des souvenirs de mon voyage estival.
Puis, en fouillant un peu plus profondément dans ce bagage, j’y ai découvert autre chose : de nouvelles postures, comme… ralentir le geste, écouter autrement, demeurer davantage en relation avec ce qui est là.
Je le remarque maintenant avec plus d’acuité : tout ça est encore très vivant pour moi.
Je le vois bien : ce que j’ai rapporté ne se dépose pas sur une étagère. Ça se fréquente. Ça s’habite.
Fréquenter ce qu’on rapporte
En observant doucement ce qui était remonté, j’ai eu, pendant un bref instant, ce réflexe de vouloir immédiatement savoir ce que tout ça signifiait.
En rafale, des questions sont montées :
« Qu’est-ce que je comprends de ça? »
« Qu’est-ce que je dois en faire? »
« Vers quoi est-ce que ça me conduit? »
Mais ces temps-ci, je découvre davantage la possibilité de les laisser être simplement des traces.
Des traces à fréquenter.
Les fréquenter, pour moi, c’est rester assez longtemps en relation avec une sensation, un état intérieur, une image ou une création, sans exiger que quelque chose se transforme en réponse.
Et c’est là que la Création intuitive peut entrer très simplement dans ce « fréquenter » :
Par les mains qui rassemblent. Par une matière qui réagit autrement. Par une couleur ou une forme qui donne corps à quelque chose, sans que j’aie besoin de le décoder.
Ça m’est arrivé avec le rose dans mon nouveau Carnet. Il était apparu derrière une petite porte dans ma toute première création, une porte où, sous la peinture, apparaissait le mot « source ». Puis, très tôt le lendemain matin, sous une pluie fine et dans un brouillard cotonneux, le soleil levant a teinté toute l’atmosphère de rose. L’espace autour de moi était devenu complètement rose.
Et ce jour-là, lorsque j’ai réouvert mon Carnet, ça m’a sauté aux yeux, littéralement. C’était ce même rose! Je suis passée de la surprise à l’émotion, puis à l’enthousiasme.
Ce que tout ça voulait dire, je ne le savais pas.
La seule chose que je peux dire, c’est que ça m’a rendue plus sensible, plus réceptive à la beauté qui m’entourait. Et depuis, chaque fois que j’ouvre mon Carnet à cette création, le souvenir de cet instant « rose » remonte en moi.
Et parfois, sur ce chemin, ce qui reste vivant en moi rencontre l’histoire ou la création de quelqu’un d’autre.
Quand un voyage en rencontre un autre
Je souris encore en pensant au titre d’un livre qui est venu vers moi :
Le retour du voyage de Brin d’Or.
Et c’est ce qui m’a donné envie d’entendre Diane, l’autrice et l’artiste de cette œuvre, raconter elle-même son chemin, la création de ce livre et ce qui s’est tissé au fil des années dans son parcours créatif.
Parfois, il me semble que le voyage ou la création de quelqu’un d’autre vient rencontrer quelque chose que nous sommes nous-mêmes en train de fréquenter.
J’ai donc envie de lui laisser l’espace de nous le raconter elle-même.
Ce que je rapporte encore
J’ai finalement été bien surprise de tout ce qu’il y avait dans cette valise intérieure.
Ça m’a permis de mettre des mots sur ce que j’ai rapporté avec moi, et ça me touche.
Et je sais aussi que tout ce que mon été a déposé ou déplacé en moi n’est pas encore clairement visible.
La valise est profonde et certaines choses sont encore presque impossibles à distinguer — et donc à nommer.
Peut-être que cette nouvelle façon de voir les choses se trouve justement là : je n’ai pas besoin de les faire devenir quelque chose tout de suite.
Oui, c’est ça!
Je ne sais pas encore tout ce que je rapporte de mon été.
Et je n’ai pas besoin de le savoir maintenant.
Certaines traces peuvent simplement continuer de voyager avec moi. Rien de plus.
RESTER UN PEU AVEC ÇA
Si quelque chose dans ce texte a résonné en toi, et si tu en as envie, ouvre ton Carnet à une page blanche.
Laisse revenir un passage de ta vie dont tu sens qu’il t’a laissé quelque chose, même si tu ne saurais pas encore très bien le nommer.
Tu peux simplement déposer cette phrase : « Je rapporte avec moi… »
Puis laisse venir ce qui se présente : un mot, une couleur, une forme, une image, quelques lignes, une matière, une trace.
Il n’y a rien à comprendre ni à faire devenir.
Tu peux simplement rester un moment avec ce qui est là, le fréquenter à ta manière.
Et si rien d’autre ne vient, la phrase peut rester seule.
Et toi, belle créative, peut-être qu’il y a aussi quelque chose dans ta propre valise intérieure qui n’a pas encore besoin d’être nommé.
Tu peux simplement lui laisser un peu de place, sans chercher tout de suite à savoir ce qu’il signifie ou où il te conduit.
Peut-être juste rester en relation avec ce qui est là, doucement, à ta manière.
Je te souhaite cette douceur-là.
Avec tout mon amour,
Louise


