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Cet article contient… une création qui traverse le temps, des liens qui se révèlent et quelque chose qui, parfois, prend corps dans la matière.
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Une phrase restée avec moi
La rencontre avec Diane autour de Le retour de voyage de Brin d’Or est maintenant passée, mais quelque chose continue de vivre en moi et de résonner dans ma relation à la Création intuitive.
Je suis encore habitée par la passion avec laquelle elle a parlé de son chemin, de Brin d’Or et de ce qu’elle souhaite transmettre.
Puis une phrase, prononcée spontanément à la toute fin, est restée avec moi. Elle est venue faire écho au voyage intérieur que j’ai moi-même vécu cet été :
« Une création peut vivre longtemps à côté de nous. »
Au fil de nos échanges, cette phrase a pris de plus en plus de relief pour moi. Je la voyais vivre à travers Brin d’Or, ce personnage né il y a environ quatre décennies et qui accompagne Diane depuis tout ce temps.
Et c’est justement ça qui me ravit et qui m’intrigue à la fois : il n’est pas apparu récemment parce qu’il fallait que Diane écrive un livre.
Une création peut sembler silencieuse ou inachevée sans pour autant être absente de notre vie.
Et là, je me suis demandé ce qui peut bien se passer avec une création pendant toutes ces années où elle n’est pas encore devenue ce que nous voyons aujourd’hui.
Vivre longtemps à côté de nous
J’en avais souvent fait l’expérience avec mes propres créations, mais, en écoutant Diane raconter les différentes périodes traversées avec Brin d’Or, je l’ai vu avec une clarté nouvelle.
Son chemin a pris de nombreux détours : le théâtre de marionnettes, l’écriture, les « Carnets du Cœur », plusieurs autres carnets aussi, les symboles, les images… puis, un jour, le livre.
En l’écoutant, j’ai eu l’image d’une photographie dont la mise au point se fait peu à peu : certains éléments revenaient dans ses Carnets sans qu’elle sache encore clairement à quoi ils appartenaient. C’était le cas de l’échelle, de certains personnages et des roses. D’autres éléments, qu’elle croyait avoir laissés de côté, revenaient eux aussi attirer son attention.
Ce qui apparait intuitivement dans nos créations ne révèle pas toujours immédiatement son sens ni son lien avec autre chose. Parfois, le sens arrive plus tard. Et parfois, la trace peut simplement rester une trace.
Pour moi, le plus simple et le plus difficile à la fois, c’est de reconnaitre ces éléments, de les fréquenter avec curiosité et ouverture, puis de les laisser vivre.
Et s’il nous semble que rien ne se passe, peut-être qu’une création continue malgré tout son chemin avec nous.
Quand tout commence à se relier
« Tout était interrelié. »
Diane a prononcé ces trois mots en regardant aujourd’hui ses Carnets, ses écrits, ses images et l’histoire de Brin d’Or. Avec le recul, elle pouvait voir ce qui n’était pas visible au départ : tout ça avait cheminé en parallèle de sa vie.
Ce qui me touche, c’est qu’elle n’avait pas de plan dès le départ — ni pour l’écriture ni pour toutes les créations qui ont fini par trouver leur place dans l’univers de Brin d’Or.
C’est presque l’inverse qui s’est passé : elle a avancé, créé, écrit, repris, choisi, laissé revenir… puis, un jour :
« Ça s’est démêlé, ça s’est aligné et puis ça s’est incarné. »
Ce sont ses mots lorsqu’elle regardait, avec le recul, la place qu’avaient prise ses Carnets à côté de Brin d’Or au fil des années.
Et pendant que tout ça se démêlait, s’alignait et s’incarnait, des alliés sont apparus sur son chemin, comme dans l’histoire de Brin d’Or.
L’une l’a aidée à discerner les éléments forts à retenir dans l’abondance que sa Création intuitive avait fait naitre de ses mains au fil du temps. Une autre a permis à ce foisonnement de devenir un objet graphique, offrant à Diane un nouveau regard sur ses propres créations.
Diane elle-même l’a dit : une partie du chemin se fait avec les autres.
Une création peut donc aussi rencontrer des alliés en chemin. Et au milieu de toutes ces relations, un mot est revenu avec insistance pendant la rencontre : la matière.
Quand quelque chose prend corps
À un moment de la rencontre, Lise, une alliée de Diane, a proposé une image qui m’est restée : quelque chose semblait s’être préparé dans l’inconscient de Diane pour devenir peu à peu « une réalité dans la matière ».
Diane, elle, a parlé de son propre voyage créatif comme d’un chemin où elle avait dépassé des frontières « en explorant avec la matière ».
Et pendant qu’on marche sa vie, qu’on fréquente son quotidien et qu’on laisse vivre ce qui s’y présente, quelque chose, parfois, commence à prendre corps.
Et ça, ça me touche profondément.
Ça rejoint directement ce que je fréquente depuis quelques mois dans ma propre compréhension de la Création intuitive : une sensation, une image, quelque chose d’encore invisible peut rencontrer les mains, une couleur, un papier, une matière, une texture… et commencer à avoir un corps sans qu’il soit nécessaire de tout comprendre.
Et à travers cette expérience, prendre corps ne veut pas dire arriver au bout. Le livre existe aujourd’hui, Diane le tient tendrement dans ses mains, et pourtant, l’histoire de Brin d’Or continue déjà au-delà du livre.
Laisser l’histoire continuer
Sans tout dévoiler, le livre se referme sur une question surprenante :
« Comment se terminera ou continuera cette histoire? »
Et c’est peut-être ce qui me touche le plus : on ne le sait pas. On ne sait pas où nous mènera ce que l’on crée aujourd’hui, ni même ce que ça deviendra.
Ce que je n’ai surtout pas envie de faire, alors, c’est de créer aujourd’hui en me disant : « Ça prendra corps plus tard. » Ce serait remettre une attente de résultat sur la création.
J’ai plutôt envie de reconnaitre qu’une création — ou parfois un seul de ses éléments — peut simplement vivre avec nous. Elle peut être fréquentée, oubliée un temps, puis retrouvée et rencontrée autrement par nos mains et notre regard d’aujourd’hui. Nous pouvons lui laisser son propre rythme.
Peut-être que, près de toi aussi, une trace, une page, un personnage, une couleur ou une création vit encore, sans que tu aies besoin de connaitre son nom ni sa destination.
De mon côté, lorsque j’observe et que je contemple mes Carnets, je ne sais pas ce que deviendront toutes les créations qu’ils contiennent. Peut-être que je n’ai pas à le savoir… et c’est ça qui est beau!
Je continue, en toute confiance, à simplement les fréquenter et à laisser la vie, le temps, mes mains et la matière faire leur part.
Pour le reste, je verrai bien.
RESTER UN PEU AVEC ÇA
Si quelque chose dans ce texte a résonné en toi, et si tu en as envie, laisse revenir une création, une page, une image ou même un petit élément d’une création qui vit encore quelque part près de toi.
Reste simplement un moment avec ce qui est revenu aujourd’hui.
Tu peux déposer dans ton Carnet : « Cette création vit encore avec moi… »
Puis laisse venir ce qui se présente : un mot, une couleur, un geste, une autre trace, ou peut-être rien.
Tu n’as pas à savoir ce qu’elle signifie ni ce qu’elle deviendra.
Tu peux simplement la fréquenter telle qu’elle se présente aujourd’hui, à ta manière.
Et si rien d’autre ne vient, ça peut rester là.
Et toi, belle créative, peut-être qu’une création vit encore près de toi sans avoir besoin de te dire où elle va.
Tu peux simplement lui laisser son rythme et voir ce qui reste vivant aujourd’hui.
Il n’y a peut-être rien à comprendre ni à faire avancer.
Je te souhaite cette confiance-là.
Avec tout mon amour,
Louise


