Cet article contient… six mandalas, des mots que je n’emploierais plus aujourd’hui et un geste qui, lui, continue de vivre sous mes mains.
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Revenir dans un espace connu avec des yeux nouveaux
Ah que j’étais contente de retrouver mon tout premier mandala visio-senti, il y a quelques jours.
J’ai ressenti de la joie en le retrouvant, lui qui, justement, m’avait accompagnée tout au long de cette année-là, en m’invitant à fréquenter la joie.
Avec un grand sourire, j’ai retrouvé des textes et des images de cette expérience qui me semble aujourd’hui tellement naturelle.
Ma curiosité éveillée par cette joie, j’ai poursuivi sur les traces de chaque mandala qui a suivi celui-ci…
Après la Joie sont venus le Ravissement, l’Harmonie, le Miraculeux, la Plénitude… puis l’Unité, qui m’accompagne cette année.
Je les ai revisités avec délice, un à la fois, et j’y ai retrouvé quelque chose de familier. Après tout, chacun m’a accompagnée pendant une année entière.
Par contre, en même temps que je retrouvais cette familiarité, il y avait quelque chose d’étrange dans ce que j’y percevais.
C’était bien moi qui les avais fait naitre dans la matière par la Création intuitive, mais j’y sentais comme quelque chose de différent.
En fait, ce que je lisais à propos d’eux était encore fondamentalement vrai pour moi, mais, aujourd’hui, je ne le dirais plus exactement de la même façon.
Pourtant, je me reconnais bien là.
Ce qui m’a arrêtée n’était pas seulement tout ce qui avait changé. C’était ce qui, sous des mots différents, continuait encore de sonner juste en moi.
Je ne parlerais plus ainsi aujourd’hui
En ce moment de l’année, je suis en train de revisiter ma façon de présenter ce programme d’où prennent forme ces fameux mandalas visio-senti.
Et c’est là que j’ai été la plus surprise de ma façon de décrire l’expérience.
J’y ai vu d’anciens mots, certaines « promesses » ou descriptions qui ne correspondent plus du tout à la manière dont je souhaite en parler aujourd’hui.
Je vois que, maintenant, je ne cherche plus à annoncer ce que cette expérience singulière va produire, révéler, activer ou transformer. Parce qu’aujourd’hui, je laisse davantage de place à ce qui se présente réellement, à partir de ce qui est là.
Je réalise que les mots d’alors appartenaient à la femme, à l’accompagnatrice et au moment que je vivais alors. Et c’est très bien ainsi.
Avant, je pouvais parler d’« identifier une Émotion-Guide » qui devenait un point de référence pour l’année. Aujourd’hui, je parlerais plutôt de laisser venir un ressenti-guide, puis de consentir à le fréquenter.
Le geste de fond est encore là, mais ma manière de le tenir et de le nommer s’est déplacée.
Ce qui est important pour moi, dans ce changement de regard, c’est de reconnaitre qu’actualiser ces mots, ces expressions, ces façons de décrire l’expérience ne les efface pas.
À force de remarquer ce que je ne dirais plus et ce que je dirais autrement, quelque chose d’autre est devenu plus fort, et c’est immensément important pour moi : tout ce que je reconnais est encore vivant.
Sous les mots, je reconnais encore le geste
Retrouver la Joie de mon premier mandala, puis la relation qui s’est développée avec lui et avec ceux qui ont suivi est devenu pour moi une manière de reconnaitre que, sous les anciens mots, demeure le même mouvement profond…
Ce mouvement, je le reconnais encore : traverser le seuil d’une année à l’autre avec présence; écouter moins ce que je veux accomplir que ce que j’ai envie de ressentir et d’habiter; puis laisser mes mains lui donner corps dans la matière, sans savoir d’avance ce qui naitra. Ensuite, vivre avec ce mandala plutôt que simplement le considérer comme une œuvre terminée.
De la Joie à l’Unité, les mots ont changé. Ce geste-là, lui, n’a cessé de s’approfondir.
Beaucoup de choses ont changé depuis, et j’aime ça; j’en suis même émue. Quelque chose a traversé ces changements, et je trouve que ça ouvre un aspect plus vaste encore : peut-être que changer ne nous oblige pas toujours à rompre avec ce qui nous a précédés.
Changer sans se quitter
J’aurais pu garder ces mots par fidélité à ce que j’avais construit. J’aurais aussi pu tout jeter parce qu’ils ne me ressemblent plus tout à fait. Mais en revenant vers ces mandalas, j’ai senti une troisième voie : regarder avec mes yeux d’aujourd’hui, laisser tomber ce qui ne me convient plus, puis reconnaitre ce qui demeure juste.
Je connais déjà ce mouvement avec mes créations : parfois, rien ne change dans la matière, mais mon regard, lui, se déplace. Et quand mon regard change, ma relation avec elles change aussi.
J’ai vu que ne plus employer les mêmes mots ne me rendait pas infidèle à celle que j’étais.
C’est plutôt une façon de rester proche du même élan profond que j’avais déjà senti, au départ, avec mon mandala de la Joie, tout en lui permettant de prendre une forme nouvelle.
Et la question, alors, n’est plus seulement « qu’est-ce que je garde? », mais plutôt « qu’est-ce qui, là-dedans, est encore vivant pour moi? »
Ce qui demeure vivant dans mes mandalas
Devant mon tout premier mandala, je sens toujours ce mouvement de joie, cet éveil de curiosité, la relation qui s’est tissée entre lui et moi, ainsi que l’élan de vie qu’il dégage lorsque je m’en approche.
Ça reste bien vivant en moi et ça me fait toujours vibrer.
Ce qui est vivant n’est pas nécessairement nouveau. Parfois, quelque chose d’ancien recommence à respirer lorsqu’on le rencontre avec le regard d’aujourd’hui.
En regardant aujourd’hui la Joie, le Ravissement, l’Harmonie, le Miraculeux, la Plénitude et l’Unité, je vois mieux ce que j’ai fréquenté année après année : non pas un mot à atteindre, mais une qualité intérieure à laisser entrer dans ma vie.
Ce qui reste vivant pour moi, c’est cette manière de me rendre disponible à ce que je ressens, de laisser mes mains lui donner une forme, puis de revenir vers cette forme dans ma vraie vie.
Après la naissance d’un mandala, au fil de l’année, ce ressenti prend une place de plus en plus importante dans ce que je reconnais comme essentiel pour moi.
Ce qui est beau dans ce changement de perspective, c’est qu’on n’a pas besoin de savoir maintenant quelle forme prendra tout ça.
Peut-être connais-tu, toi aussi, quelque chose qui a changé de forme sans cesser de te parler.
Savoir simplement qu’on n’est pas en train de retourner en arrière suffit.
Revenir n’est pas reculer
En reprenant contact avec le Mandala de la Joie, puis avec ceux qui ont suivi et les mots qui les accompagnaient, j’ai senti que je ne retournais pas dans l’ancien. Je revenais vers quelque chose de vivant avec la femme que je suis aujourd’hui.
Je m’autorise à laisser partir certains mots, certaines expressions ou descriptions, tout en restant fidèle à ce qu’ils tentaient déjà d’approcher.
Et je sais maintenant que je n’ai pas besoin de conserver tous les anciens mots pour reconnaitre le fil qui me traverse encore.
Il existe peut-être dans nos vies des choses qui ne demandent ni à être répétées ni à être abandonnées — seulement à être rencontrées à nouveau, avec les yeux d’aujourd’hui.
RESTER UN PEU AVEC ÇA
Si tu en as envie, reprends quelque chose qui vient d’une autre période de ta vie : une création, une page de journal, une photo, un objet que tu as gardé.
Regarde-le simplement avec les yeux d’aujourd’hui.
Pas pour décider s’il te ressemble encore. Pas pour faire du tri.
Seulement pour sentir, peut-être :
Qu’est-ce qui, là-dedans, est encore vivant pour moi?
Et laisse la réponse venir… ou ne pas venir.
Et toi, belle créative, je te souhaite aujourd’hui de pouvoir revenir vers certaines traces de ton chemin sans avoir à choisir entre les garder telles quelles ou les laisser derrière toi.
Peut-être simplement les rencontrer à nouveau, avec celle que tu es devenue.
Avec tout mon amour,
Louise


